5 mai 2009
Jean-Claude Breton préside le festival de culture indienne «Armor India» qui débute aujourd'hui. Âgé de 66 ans, ce Morlaisien veut promouvoir les échanges entre la Bretagne et l'Inde. Et il verrait bien Morlaix devenir «le comptoir de l'Inde».
Polytechnicien, l'ingénieur Jean-Claude Breton a travaillé durant dix ans en Inde pour le compte du groupe Total. Dans ce pays, il y a ouvert les deux premiers bureaux de la compagnie pétrolière française: à Delhi, puis à Bombay. Désormais en retraite, il préside AADI (Alliance Armor Dupleix Inde), cette association créée en 2004 qui organise la troisième édition du festival «Armor India». L'AADI a pour objectif de promouvoir les rapports entre l'Inde et la Bretagne, sur les plans culturels, universitaires et économiques.
Pourquoi organiser un festival sur l'Inde à Morlaix?
Jean-Claude Breton: Tout démarre en 2000. Lors de l'escale du Dupleix, frégate de la Marine Nationale à Bombay, je me suis retrouvé dans le carré du commandant, où j'ai été intrigué par un tableau du peintre brestois Pierre Péron. L'oeuvre représentait la ville de Morlaix en 1715, et la légende parlait du jeune Dupleix, âgé de 18 ans, qui embarquait à Morlaix pour les Indes. Son père, François, qui avait été gouverneur de Pondichéry, avait financé la construction de la manufacture des tabacs. Je me suis dit qu'il fallait à nouveau relier Morlaix à l'Inde.
Quel est l'intérêt de relier Morlaix à l'Inde?
Même si l'Inde a 15 années de retard sur la Chine, elle reste, avec son milliard d'habitants, un marché incontournable. Ces deux pays se livrent actuellement une véritable compétition qui va durer encore longtemps. D'où l'intérêt de coopérer avec l'Inde. Il faut tout d'abord sortir des clichés, car trop de gens n'ont, de l'Inde, qu'une image de misère, de pauvreté... Les Indiens sont des gens serviables, accueillants, chaleureux... Vis-à-vis d'eux, nous dégageons, en revanche, une image d'arrogance. Ils nous considèrent comme un peu prétentieux et pour eux, en France, il n'y a que Zidane, Sarkozy et Carla.
Dans quel domaine la Bretagne peut-elle coopérer avec l'Inde?
Dans les secteurs de l'agroalimentaire, des sciences de la mer et des télécoms. L'inde est ainsi très en retard dans des domaines, comme les biologies marines. Il y a aussi des Indiens très riches qui seraient séduits de venir faire du bateau en Bretagne.
Et la place de Morlaix dans votre projet?
Il faut faire de Morlaix et sa région, la capitale de l'Inde dans l'Hexagone, le ?comptoir de l'Inde? en France. Ce serait l'occasion de donner une identité particulière à la ville, un lieu symbolique où se déroulent des événements culturels franco-indiens. À la manufacture, on pourrait créer un centre de ressources qui abriterait une résidence d'artistes indiens, des chercheurs... Il serait aussi possible d'y dispenser des formations internationales spécifiques pour travailler avec l'Inde...
Comment dériveriez-vous cette troisième édition du festival Armor India?
Il rassemble des facettes différentes de la culture indienne (théâtre, danse, musique...) avec des artistes venus spécialement d'Inde. Il y a ainsi du théâtre traditionnel jeudi au théâtre de Morlaix et c'est très rare qu'on ait ensemble, sur scène, des comédiens, danseurs et musiciens indiens. En France, il n'existe que deux ou trois festivals de culture indienne d'une telle qualité.
«Il faut faire de Morlaix et sa région, la capitale de l'Inde dans l'Hexagone».
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