3 juillet 2009
L'association Vivre la rue fête ses 20ans ce week-end: 20ans de combats pour sauver la rue de Saint-Malo, faire vivre le quartier de Pontaniou et des Capucins, pour passer du statut de verrue à celui de symbole.
En 20 ans, Mireille Cann, symbole de la rue de Saint-Malo, en aura vu de toutes les couleurs. Cela ne fait d'ailleurs pas très longtemps qu'elle peut dormir tranquille... En 20 ans, l'égérie de Vivre la rue et les militants de l'association auront affronté les CRS avec des confettis roses, résisté aux assauts des démolisseurs, remplacé les sinistres croix gammées qui ornaient les murs par des peintures fleuries, tenu tête aux habitants hostiles (finalement séduits par l'aventure), occupé le terrain sans interruption pour éviter d'être tout simplement expulsés manu militari, animé le quartier et, finalement, sauvegardé un quartier emblématique de Brest.
«Le patrimoine et la fête, ça va ensemble, constate Mireille Cann. C'est le meilleur moyen pour réunir le maximum de gens et éviter une démolition programmée». La dernière alerte sérieuse date de 2005...
Bâtiments en sécurité
L'arrivée de Jacques Quillien àla mairie de quartier, qui voit plutôt d'un bon oeil l'important travail de proximité mené par les défenseurs de la rue de Saint-Malo, a permis d'ouvrir le dialogue etd'apaiser les tensions. Finalement, l'association a réussi à mettre les bâtiments en sécurité avec l'argent prévu pour la démolition. Mieux, la ville a suivi les préconisations de l'architecte de l'association pour la sauvegarde des murs. Désormais sortie de l'ornière, l'association fait vivre une rue fleurie et accueillante, «un petit bijou qui sert de lieu de balade, de havre de paix, un lieu de rendez-vous de toutes les générations».
Tournée vers l'avenir
Vivre la rue est aujourd'hui tournée vers l'avenir: celui de la rue de Saint-Malo, bien sûr, celui du terrain de la Madeleine, propriété de la Marine, qui sera exceptionnellement ouvert ce week-end et le suivant pour le spectacle de la troupe Ar-vro-Bagan, ainsi que celui du quartier de Pontaniou et des Capucins. Toutes les personnes intéressées par ces sujets sont invitées à participer à la visite des lieux et au colloque que l'association propose demain (voir le programme ci-dessous). Il y sera notamment question de la restructuration du quartier de la rive droite, mais aussi d'architecture autogérée, d'économie sociale et solidaire... Les habitants qui le souhaitent sont invités aujourd'hui, à15h, à assister à la présentation du diplôme d'architecte d'Amélie Créac'h sur le quartier de Pontaniou (lire ci-dessous). Les 20 ans de Vivre la rue donneront bien entendu l'occasion de faire la fête, de suivre concerts etpièces de théâtre, de voir des expositions, des films, la der des Makaks Mékaniks, l'enregistrement live d'Yvan Guyomard... Grâce à Vivre la rue, s'il y a une rue vivante à Brest, c'est bien la rue de Saint-Malo!
«Le meilleur moyen pour réunir le maximum de gens et éviter une démolition programmée»
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