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Brest ville

Samedi du porc. Un festin de groins

6 juillet 2009

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Jusqu'au bout dela nuit, les démons du grouik ont une nouvelle fois fait sensation, samedi soir, à Milizac! Quinze candidats hilarants au concours du cri du cochon, une jeune championne, mais surtout... une fête gargantuesque!

Le Samedi du porc, à Milizac, c'est une véritable institution. Et comme toutes les institutions, son origine appartient presque à la légende. «Ce sont Joël et Guy, deux gars du club de foot, qui ont lancé l'idée à un retour de vacances du Midi, il y a 17ans, confie Pascal, responsable de la très officielle commission d'animation du cri du cochon. Le succès a été fulgurant, dès la première édition, avec plus de 500 repas servis!». La tradition s'est depuis perpétuée, gagnant un peu plus d'ampleur chaque année.

2.100 plateaux-repas

De fait, cette année, ce sont encore 30 cochons qui ont fait le déplacement de 30 élevages du département, pour être grillés sur place avec 15 cordes de bûches ? plus de six heures de cuisson ? et servis sur 2.100plateaux-repas par plus de 150bénévoles! Gargantuesque? Certes, mais encore insuffisant pour sustenter tous les estomacs! Dès 21h45, les bestiaux n'ont plus que la peau sur les os. «Il en manquait au moins deux pour satisfaire tout le monde!», glisse-t-on du côté de l'organisation. Heureusement qu'un stock de saucisses était prévu... La soirée se poursuit à un rythme effréné, au fil des concerts de la Pétarade de Brest, des Maudits Matous et du jeune Julien Grignon qui vient enflammer la foule, violon à la main, à même les tables! Pendant ce temps-là, en coulisses, les inscriptions au moment phare de la soirée vont bon train.

Émeline séduit les éleveurs de porc

Qu'ils soient âgés de 7 à 77ans, hommes ou femmes, seuls ou en duo, en tout, 15candidats prennent leur courage à deux mains pour braver la foule, sur les coups de 22h30, au cours de la phase éliminatoire du célébrissime cri du cochon. On y trouve même deux couples de jeunes mariés, qui ont trouvé là le gage idoine pour enterrer leurs vies de garçon et de jeune fille! Six d'entre eux seront retenus pour la grande finale par le jury, composé cette année de cinq éleveurs de porcs du Nord-Finistère. L'épreuve est intense: 20secondes, pas une de plus, pour se vider les poumons et faire vibrer au plus juste ses cordes vocales. Peu après minuit, sans grande surprise tant son couinement des plus aigus a ravi le public, c'est la jeune Émeline Arzel qui inscrit son nom pour la première fois au palmarès de l'épreuve, «à l'unanimité du jury» et à domicile qui plus est! Son mérite est d'autant plus grand qu'elle avait fini deuxième l'an passé et qu'elle s'impose devant Lionel Carette, un habitué des podiums, et Yannig Milin, recordman du nombre de victoires avec trois succès. Fin de la soirée? Que nenni! Si les derniers accords ont résonné sur le site jusqu'à 1h30, les chants des ripailleurs ont continué de se perdre dans la nuit jusqu'aux premières lueurs du jour...

  • Jean-Sébastien Le Berre

Les dernières heures des cochons

La traçabilité de la nourriture étant une préoccupation primordiale des Samedis du porc, Yves Jestin, responsable de l'équipe de 18 bénévoles qui s'est affairée à la cuisson des 30cochons servis samedi soir, relate les dernières heures des vedettes de la soirée. Ils proviennent de 30 élevages différents du Nord-Finistère et font tous en moyenne entre 50 et 55kg, même si on a reçu une pièce de 70kg! La cuisson doit être effectuée à une température idéale de 70º et réduira la carcasse à 78% de la masse initiale. Tout a commencé mercredi, où ils ont été acheminés tous ensemble jusqu'à Milizac. Ils ont été abattus ici jeudi, saumurés vendredi et mis à la broche ce matin (samedi, NDLR). Les premières pièces ont commencé à cuire vers 10h-10h30. C'était le moment le plus dur de la journée, car on a la pression de tout fournir dans les délais. ??13h, ils étaient tous sur le feu. Ou, pour exact, «à côté» du feu, car on ne place pas la broche au-dessus du foyer, pour éviter que la graisse ne coule dessus. Pour faire tourner les 30 broches, on a inventé un système automatique constitué d'une batterie, d'un moteur d'essuie-glaces et d'une roue de vélo! Vers 18h, enfin, ilscommençaient à être tous cuits. Nous avons donc passé plus de huit heures dans la fumée, il fallait avoir les yeux costauds!
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«Il manquait au moins deux cochons pour satisfaire tout le monde!»

  • Un membre du comité d'organisation
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