3 juillet 2009
Les cahiers au feu, la maîtresse au milieu. Ce matin, l'école a fermé après l'interminable troisième trimestre rallongé sur l'autel des besoins des marchands de neige. Au Pilier-Rouge, Brigitte Le Nen revient sur une année mouvementée.
C'était la fin de l'été, l'odeur des cartables neufs et la petite boule dans le ventre. Les écoliers du Pilier-Rouge quittaient les bâtiments de la rue Sébastopol pour un voyage obligé vers ceux de Pen-ar-Créac'h, pour le temps nécessaire aux travaux de rénovation de la trop vieille école. «Nous retournerons là-bas en janvier2011, si tout va bien. Mais je dois avouer que déménager dans l'année n'est pas la meilleure solution et il est préférable de se projeter pour la rentrée 2012», complète la directrice du groupe scolaire du Pilier-Rouge, Brigitte Le Nen.
Une classe perdue en route
Du coup, ce sont près de 250 ti'zefs qui ont fait le voyage via navette interposée tous les jours. Ceux-là même qui ont plié les gaules hier soir. «L'école compte cinq classes de maternelle et six classes d'élémentaire» alimentées par les quartiers voisins, élargis de Pontanézen pour quelques élèves jusqu'au haut de Saint-Martin pour quelques autres. Il faut dire que ce groupe scolaire n'entre pas dans l'alchimie parfois délicate du périmètre scolaire et est donc accessible à toutes les familles. Reste qu'à la prochaine rentrée, l'école du Pilier-Rouge fermera une classe d'élémentaire «parce que pas mal de parents ont eu peur, je pense, du déménagement. La mairie n'a pas assez communiqué sur le fait qu'une navette passait matin etsoir sur le perron de l'ancienne école», regrette Brigitte Le Nen. L'évaporation des 20 manquants se serait faite massivement vers Saint-Jo', et plus modestement vers les écoles publiques alentours.
Un pavé dans la mare des réformes
Pour autant, l'année, placée sous le signe d'une mixité sociale renforcée, «puisque nous avons fusionné avec les deux dernières classes de l'école Pen-ar-Créac'h, qui fermera à la fin des travaux», a donné totale satisfaction du côté de la route de Gouesnou. Aux détails près d'un soutien scolaire qui «alourdit les emplois du temps, même s'il renforce le lien entre l'enfant et l'enseignant etredonne parfois confiance à l'élève» et de la disparition annoncée des Rased, «une pure aberration. Ilne faut pas faire croire aux parents que nous les remplaçons àleur valeur» s'agace Brigitte LeNen. Alors, quitte à enfoncer le clou de la réforme vibrionnante, le conseil d'école a proposé de changer les rythmes et de faire cours du lundi au vendredi, de «8h30 à13h», en rabotant les grandes vacances et en mettant l'accent sur les structures de quartier pour l'après-midi. «D'un point de vue pédagogique, les vacances d'été sont trop longues», explique la directrice qui sait que la proposition peut heurter et semble assez utopique pour l'instant. «Mais quitte à expérimenter, alors expérimentons vraiment». Au Pilier-Rouge, l'esprit frondeur est une valeur ancestrale.
«Quitte à expérimenter les rythmes scolaires, alors changeons- lesvraiment»
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