22 mai 2009
Lundi prochain, il y aura tout juste six mois que le cargo panaméen Captain-Tsarev s'est amarré au port de commerce, suite à une avarie de moteur. La situation de son équipage, privé de salaire, sera peut-être éclaircie aujourd'hui.
Ils attendent toujours leur armateur, dont la venue est régulièrement annoncée depuis le 5avril. Le propriétaire avait promis de débarquer «au milieu de cette semaine», avec en poche les 77.000dollars de salaires impayés, soit l'équivalent de 58.000euros. Hier, il n'est pas apparu, au grand dam des huit marins ukrainiens et du seul Russe du bord. Du coup, c'est la justice qui risque de pallier sa défection.
Début des ennuis le 24 novembre
Aujourd'hui, le représentant de la Fédération internationale des ouvriers du transport doit revenir à Brest. Sauf revirement de dernière minute, il devrait déposer au tribunal une demande de saisie du navire. Une solution également préconisée par Jean-Paul Hellequin qui, au sein de Mor-Glaz, milite pour la défense des droits des marins. «Il faut que le fonds de solidarité, l'Agism, règle les salaires. À l'État de les récupérer ensuite grâce à la revente du navire». En tout état de cause, l'association a recommandé aux sept membres d'équipage qui se sont ralliés à son opinion ?le commandant et le bosco se sont abstenus? de rester à bord tant que l'intégralité de leur dû ne leur est pas versée. Les ennuis des marins du Captain-Tsarev ont débuté le 24novembre, lorsque leur navire est tombé en panne de vilebrequin, alors qu'il effectuait, à vide, une liaison entre Bilbao et Grenaa, au Danemark. Le remorquage jusqu'à Brest avait coûté près d'unmillion d'euros. Après une réparation de fortune, l'équipage, alors fort de 24 membres, avait ensuite souhaité reprendre la mer. L'assureur s'y était opposé.
Une coque en très mauvais état
Le cargo de 153m est, depuis, consigné au quai nº 5 du port de commerce, laissant apparaître une coque éminemment rouillée. «C'est simple, il a 20 ans, ce navire (il a été construit en 1982, en réalité, NDLR), et on lui en donne le double», observe Jean-Paul Hellequin. Courant janvier, 15marins ont préféré quitter le bord. Pour ceux qui restent, la situation est loin d'être rose. Ils ont effet touché, en tout et pour tout, une prime de 100 EUR à l'occasion de la Pâque orthodoxe. L'armateur leur fournit juste de quoi se nourrir mais rien de plus. Sans un sou en poche, incapables de communiquer facilement avec l'extérieur à cause de leur mauvais anglais, les marins tentent de meubler leur oisiveté forcée en assurant l'entretien du navire. La situation à bord devient de plus en plus pesante, comme en témoigne Jean-Paul Hellequin. L'un des marins doit à son passé de sous-marinier une force de caractère qui lui fait garder espoir. Mais, pour les autres, le temps commence à sembler très, très long, loin de leurs familles à qui ils ne peuvent même pas apporter un petit réconfort financier.
«Il faut que le fonds de solidarité règle les salaires. Àl'État de les récupérer ensuite»
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