4 avril 2009
On ne parle plus que de cela dans le microcosme politique briochin. De cette arrivée de la liaison grande vitesse du TGV, en 2012, qui mettrait presque Saint-Brieuc aux portes de Paris, et qui pourrait donner un nouvel élan à la préfecture des Côtes-d'Armor. Père du concept de «classe mobile», qui permet d'envisager les ségrégations sociales liées aux possibilités d'accès aux moyens de transports, Jean Ollivro reste plus prudent que nombre d'élus locaux quant aux avantages, réels ou supposés, de cette future liaison grande vitesse pour Saint-Brieuc. «On parle d'un TGV Bretagne mais c'est un TGV qui arrivera en Bretagne, ce n'est pas la même chose: le gain de temps essentiel sera gagné entre Rennes et Paris, pas entre Rennes et Saint-Brieuc. Il sera plus fort pour la Haute-Bretagne, jusqu'à Rennes, que pour les villes situées au-delà», rappelle-t-il, en introduction. «J'ai fait une enquête sur les effets du TGV. Il y aura un gain d'activité économique, c'est clair. Plus vous mettez des espaces relativement peuplés en relation, plus on a une augmentation des flux symétriques et des échanges économiques. Mais la vitesse différencie les espaces: les pôles les plus forts tendent à aspirer les fonctions de décision; les pôles les plus faibles, les activités de production. Le gain économique d'ensemble cache des profils qualitatifs différenciés. Pour Rennes, pour Saint-Brieuc, ce n'est pas neutre car on a déjà très peu de pouvoir décisionnel en Bretagne (...).»
«Ne pas être sous la tutelle rennaise: un enjeu capital»
Quant à savoir si Saint-Brieuc ne risquera pas de faire partie, à partir de 2012, de la grande banlieue rennaise, là encore, le géographe reste prudent. Certes, il confirme qu'aujourd'hui, «la périurbanisation rennaise va jusqu'au sud-est de Dinan et aux frontières des Côtes-d'Armor. Mais l'essentiel des migrations entre Saint-Brieuc et Rennes se fait aujourd'hui par la route. L'arrivée du TGV ne changera pas radicalement la situation. En tout cas, cela dépendra considérablement du coût de l'énergie. Mais l'un des enjeux pour Saint-Brieuc est de ne pas être sous la tutelle rennaise, c'est un point capital.»
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