8 avril 2009
Le bio ne connaît pas la crise? À en croire les commerçants de l'agglomération briochine concernés, cette affirmation n'est pas si éloignée de la vérité. Mais avant tout parce que les consommateurs veulent se nourrir «autrement».
Au-dessus du comptoir, près de l'entrée, une phrase du Mahatma Gandhi est visible par tous les clients: «Vivre plus simplement pour que d'autres puissent tout simplement vivre». Magasin «La Baie'L Bio», à Yffiniac, au bord de la RN12, à deux pas de l'usine Stalaven. Isabelle et Laurent ont ouvert le commerce il y a deux ans. Ces derniers mois, «tous les jours», de nouvelles têtes arpentent les rayons. Ici, les propriétaires des lieux privilégient «les circuits courts» et les fournisseurs locaux. Notamment pour les légumes, le pain, les produits frais, les céréales ou les confitures. «Aujourd'hui, les gens réfléchissent plus à ce qu'ils ont envie de consommer. Il y a une motivation à manger sainement et à contribuer à la sauvegarde de l'environnement. Mais cela n'a rien à voir avec la crise. Le phénomène est plus ancien», indique Isabelle. Son mari poursuit: «Pour moi, il ne s'agit pas d'une crise, mais d'une mutation. Les gens se rendent compte que le système ne tient pas la route. Qu'il n'est pas cohérent avec l'avenir: le nôtre et celui de nos enfants. L'attrait pour les magasins comme le nôtre est un mouvement qui se poursuit actuellement et qui risque de s'accélérer».
«Marre de boire des tisanes de pesticides»
Même s'il se refuse à faire sienne la phrase «le bio ne connaît pas la crise» - «une formule à deux balles» -, Marc Morelle, le directeur de «La Gambille», le plus grand commerce bio de Saint-Brieuc, reconnaît également que son magasin vit avec croissance à deux chiffres. «Nous enregistrons de nouvelles adhésions tous les jours». Parmi ces nouveaux clients: de jeunes parents qui viennent d'avoir leur premier enfant, des amateurs de vins «qui ont en marre de boire des tisanes de pesticides», mais également des personnes «sensibles à l'impact des produits bio sur l'environnement». «Ce sont des gens qui ont envie de devenir acteurs de leur alimentation. Pour qui manger est un acte citoyen et politique que l'on fait trois fois par jour. Et nous, nous essayons d'acheter de plus en plus au niveau local, avec de moins en moins d'intermédiaires.»
Consommer moins mais mieux
Même s'il peut compter sur «une clientèle fidèle», YannLandier, l'adjoint du gérant de «La Vie Claire», rue Saint-Gilles, ne bénéficie pas du même engouement pour le bio que ses collègues. En partie à cause des travaux du Champ-de-Mars et du manque de places de parking explique-t-il. Mais pour autant, il s'accorde à dire que ses clients cherchent eux aussi à «consommer moins et mieux».
Car selon les responsables de ces différents magasins, le coût des produits bio, souvent taxés de coûteux, ne constitue pas un obstacle. «Ici, les clients ne dépensent pas plus d'argent», explique Isabelle, de «La Baie'L Bio». «Le bio réapprend à cuisineret à s'intéresser à ce que l'on mange. Et manger de la cuisine toute faite coûte plus cher que cuisiner bio.» «Ce qui coûte cher dans le bio, ce sont les produits transformés», continue Marc Morelle. «Mais il faut revoir sa manièrede s'alimenter: respecter lessaisons et ne pas vouloir de tomates en hiver ou des fraises à Noël et diminuer sa part de viande».
«Le bio réapprend à cuisineret à s'intéresser à ce que l'on mange. Et manger de la cuisine toute faite coûte plus cher que cuisiner bio»
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