4 juillet 2009
Étape décisive, lundi matin, à Paris, pour la délégation du projet de parc naturel régional du golfe du Morbihan, qui passe son examen de rattrapage devant le Conseil national de protection de la nature.
Créé en 1978, le Conseil national de protection de la nature (CNPN), rattaché au ministère de l'Écologie, a pour mission de donner son avis sur les grands dossiers environnementaux. Il est constitué de hauts fonctionnaires de l'État, de personnalités scientifiques et de représentants de grandes associations de protection de la nature. Ce CNPN vient d'être renouvelé. Parmi ses membres, deux universitaires bretons: Jean-Claude Lefeuvre (Rennes) et Frédéric Bioret (Brest).
Gérer l'espace
Ce Conseil examinera, lundi, le projet de création d'un parc naturel régional (PNR) dans le golfe du Morbihan. Son avis sera crucial. Il y a deux ans, il avait demandé de revoir la copie, jugée pourtant bonne sur les enjeux d'un parc dans ce territoire sensible, mais insuffisante sur le plan de la maîtrise de l'urbanisation. Car la philosophie des parcs régionaux a évolué. À leur origine, ils avaient été pensés comme remède à la désertification par le biais d'un tourisme rural (parc d'Armorique, Monts d'Arrée). Aujourd'hui, ils sont vus comme des outils de gestion de l'espace. Et c'est parce que le premier avant-projet de charte du PNR du golfe du Morbihan ne montrait pas assez de détermination sur ce point qu'il a été «retoqué». Ce projet lancé en 1994, et soutenu par le conseil régional depuis 1999, comprend 38 communes correspondant au bassin-versant du golfe du Morbihan. Il est porté par le SIAGM (1). Les grandes lignes:préserver la biodiversité, l'eau, les paysages et promouvoir «un développement économique respectueux des équilibres».
François Goulard réservé
Il reste que le consensus n'est pas total. Et c'est son talon d'achille dans la mesure où quelques communes ne cachent pas leur hostilité, tandis que la communauté d'agglomération de Vannes est très partagée. Son président, François Goulard, s'est prononcé pour, mais avec réserve. L'objectif du projet de parc est de n'ouvrir à l'urbanisation que 378ha sur les 38 communes d'ici à 2021. Soit 150ha de moins que ce qui a été réalisé ces neuf dernières années. Trop contraignant et pas indispensable compte tenu de la réglementation existante, disent les opposants. Mais nécessaire, selon les partisans qui indiquent qu'en 40 ans, dans la région du golfe, la population a été multipliée pas deux et l'emprise de l'urbanisation par huit.
(1) Syndicat intercommunal d'aménagement du golfe du Morbihan.
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