Jazz à Vannes. Rencontre avec un « prodige » concentré
Ce soir, Jazz à Vannes se met au piano. Avec LA tête d'affiche de l'édition : Herbie Hancock. Avant lui, Tigran Hamasyan ouvrira la soirée. Rencontre avec un pianiste hors-norme.
Dans votre biographie, vous écrivez qu'à trois ans vous chantiez et jouiez du Deep Purple et du Led Zeppelin. Finalement vous n'êtes pas devenu une rock star, mais un pianiste de jazz. Pourquoi ?
Il y avait toujours de la musique chez moi. Mon père mettait beaucoup de disques de rock. Mais mon oncle est un jazzman. Je crois qu'il y a quelque chose dans le jazz, dans l'improvisation qui m'a vraiment intéressé.
Ce soir, à Vannes, vous jouerez avec deux musiciens français. Vous êtes souvent en concert en France. Avez-vous un « feeling » spécial avec la France ?
J'aime beaucoup la France et le public français. Mais pour Louis Moutin à la contrebasse et François Moutin à la batterie, c'est autre chose. Nous travaillons ensemble depuis longtemps, nous composons ensemble. Il y a quelque chose, une connexion particulière entre nous. Ce sont des amis. Je pense que cette complicité se voit sur scène. Mais il peut aussi arriver des choses extraordinaires avec des musiciens que l'on ne connaît absolument pas.
Vous êtes Arménien, mais vous vivez à Los Angeles. Restez-vous très attaché à vos racines ?
Absolument, je suis très attaché à ma culture. L'Arménie imprègne mes compositions. Je fais d'ailleurs des arrangements de musiques traditionnelles.
Dans trois semaines, je vais enregistrer un nouvel album à Los Angeles, avec des musiciens américains, mais aussi un chanteur arménien. Ce sera un album très ouvert vers le « folk » arménien.
Dans vos influences, vous citez Charlie Chaplin et Salvador Dali... Vous êtes très ouvert sur le monde ?
Tout ce qui m'entoure a une place dans ma musique. Même si aujourd'hui, ce qui nous entoure n'est pas très réjouissant : les guerres, la destruction de la planète, le pouvoir du commerce, la globalisation. Dans ce contexte, des cultures disparaissent, ce qui appauvrit la musique.
Je n'ai pas de messages dans mes compositions, il y a juste ma musique. Mais le jazz, par l'improvisation, est une sorte de défense de la liberté...
Aujourd'hui, à 21 ans, vous êtes souvent qualifié de prodige du jazz. Comment le vivez-vous ?
J'essaie de ne pas y penser et de rester concentré sur mes idées...
Pratique
Au Jardin de Limur, à Vannes, à 21 h, soirée maîtres du piano avec Tigran Hamasyan et Herbie Hancock (complet). A 17 h 30, aux Carmes, Pikey Butler's. Tarif s : 12/ 10 .
Au programme également : animations de rue, tremplin et concerts « off ». Renseignements au 02.97.01.62.44.