4 juillet 2009
Même le prévenu, pourtant menacé par un casier judiciaire replet, ne peut garder complètement son sérieux. La salle du tribunal de Brest est, il faut le dire, totalement hilare et le juge André se pince les lèvres. Un soir de grandes eaux, quelque part dans Plougastel, quatre jeunes en goguette finissent une soirée maousse chez les parents de l'un d'eux. «Je sais pas pourquoi, à un moment, il a sorti ses bombes de peinture». Un geste vécu comme une invitation, «une provocation» dit l'intéressé, qui va vite dépasser le stade de l'intention pour parvenir à un atelier peinture géant et sévèrement arrosé. Tout y passe. Le four à micro-ondes devient vert, le frigo rouge, le sol gris, le portail itou, et même «le perroquet», comme l'indique le président André. «Un faux?», interroge le magistrat. Lui: «Non, un vrai, un qui vole. Il était gris-vert au début, après il était nettement plus gris». Il n'était pas le seul.
Coco va bien
Selon ce jeune, ce sont les parents qui ont fait une drôle de tête en revenant le lendemain, même si leur fiston avait pris le tube de détergent. Quant à Coco, il irait bien, «on ne l'a pas maltraité. Ce n'est qu'une toute petite bêtise», plaide celui qui s'étonne d'être le seul convoqué à la barre. Bien que le parquet joue le rôle du surveillant général et ne goûte que modérément aux potacheries éthyliques, il est condamné à 450 EUR d'amende. En défense, il voulait dire des choses mais «non, rien. Non, finalement rien du tout». C'est peut-être mieux comme ça.
Vannes ville. Semaine du droit. Un faux procès à usage pédagogique