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Finistère

Moriarty. « Nos références partent dans tous les sens »

2 mai 2008

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Porté par un 1 e r album splendide, soudé à la ville comme à la scène, dissert, épris de tous les arts... Le clan Moriarty détonne dans la scène musicale française. Avant Trébry (22) demain, il a fait un tabac à Brest. Rarement un groupe aura suscité autant d'allusions littéraires et artistiques : Lewis Carroll, Kurt Weill, Conan Doyle, Wim Wenders... Pas noyé dans ce tourbillon de références ? Notre vraie référence, c'est Paul-Loup Sulitzer (rires). C'était peut-être plus facile que de citer nos références musicales, qui partent dans tous les sens, de Tom Waits à Ali Farka Touré en passant par le blues américain des années 30, 40, 50 et 60, le banjoïste bluegrass Doc Watson, les Canadiens de « Godspeed You ! Black Emperor », le chanteur napolitain Roberto Murolo ou encore en classique, Haendel et Henry Purcell. Mais Moriarty vous raccroche à la littérature... On a choisi ce nom en référence à Dean Moriarty, le héros de « Sur la route », le roman de Jack Kerouac. Nous avions un ami qui nous faisait penser à lui. Et ça nous convient. C'est une référence à l'Amérique du XX e siècle et à l'Angleterre du XIX e , car Kerouac avait choisi ce nom en hommage au professeur Moriarty, l'ennemi juré de Sherlock Holmes. Mais bien avant, c'était un clan irlandais et la diaspora irlandaise a essaimé ce nom... Vous semblez un peu à part de la scène rock française. Dans le groupe, nous sommes trois Franco-Américains, une Bretonne-Américaine de Quimper et nous avons des origines suisses, vietnamiennes et péruviennes. Nous sommes tous bilingues. On s'en fiche un peu du rock français en tant que sphère. Nous nous sentons proches de certains artistes, comme « Jack the Ripper » ou le Malien Moriba Koita. Le Réunionnais Danyel Waro aussi est un rocker à sa façon qui nous inspire ! Comment avez-vous imaginé votre décor, fait de bric et de broc ? Nous ressentions un malaise sur les scènes standards, industrielles. Nous cherchions quoi amener pour nous protéger de cet environnement hostile, pour recréer le cercle. Les objets nous ont été prêtés par Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, de la troupe des Deschiens. Du coup, on a l'impression de déménager tous les soirs. On vous englobe dans le renouveau folk. Ça vous va ? Ce qui est sûr, c'est que nous ne nous revendiquons d'aucun style. Ça enferme. Nous composons tous ensemble. Un musicien arrive et tire la balle ailleurs. C'est un jeu pour échapper aux styles. Mais si le folk est une musique proche des gens, rurale et urbaine à la fois, alors oui, on peut s'en revendiquer.

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