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Finistère

Martine Sarcey. Une certaine idée du théâtre

5 mai 2008

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Ce week-end, la troupe de théâtre « Les Starlettes » fêtait ses dix ans à Lopérec, en présence de Martine Sarcey. À 79 ans, la comédienne porte un regard réaliste sur son métier. En ce dimanche matin, une trentaine d'élèves du lycée agricole du Nivot, à Lopérec, écoute attentivement un petit bout de femme pétillant qui « n'a jamais cherché à cacher ses cheveux blancs ». Martine Sarcey, 79 ans, respire la simplicité.

De « Ma sorcière bien aimée » à « Dolmen »

En cinquante ans de carrière au cinéma et au théâtre, elle a toujours préféré la liberté au clanisme, « au risque de rester sur le carreau ». Une stratégie qui lui a permis de durer. Celle qui a été pendant sept ans la voix française de Samantha, dans « Ma sorcière bien aimée », dispose d'une filmographie impressionnante : du mythique « À nous les petites anglaises », à « Dolmen » sur TF1, Martine Sarcey a traversé le temps sans passer de mode. À ses côtés, Adrien, 20 ans, pose question sur question. C'est grâce à cet ancien élève du lycée, aujourd'hui étudiant au conservatoire de Rennes, que l'actrice a accepté de venir partager son expérience à Lopérec. « Je l'ai rencontré à Brest au moment où la pièce Richard III était programmée », raconte le jeune homme. Il était stagiaire. Elle était en haut de l'affiche. Ils se sont parlés : « Et depuis, on garde le contact ». Sophie D'Orgeval n'a pas eu la même chance. Comédienne et metteur en scène de la compagnie La Rigole, la jeune femme a écumé les théâtres parisiens « pour faire ses armes » avant de choisir Brest, « pour prendre racine ». Des portes qui se ferment, des humiliations infligées par d'hypothétiques producteurs, elle en a déjà connu beaucoup trop. Martine Sarcey compatit et promet de « faire une réputation » à ce malotru bien connu dans le milieu qui, après avoir discouru en public sur le talent de la nouvelle génération, a tout bonnement refusé d'adresser la parole à Sophie D'Orgeval. « Je voulais juste lui donner une invitation pour mon spectacle », regrette la jeune femme.

« Plus libres que nous »

Et oui, drôle de milieu, gangrené « par le copinage, cette spécialité parisienne » tant détestée par Martine Sarcey. Loin de dramatiser la situation, l'actrice patentée croît dur comme fer à la nouvelle génération « bien plus libre et talentueuse que nous à l'époque ». Mais n'est-il pas aujourd'hui plus difficile de se faire une place sur les planches ? « Bien sûr, la compétition est acharnée mais cette génération est travailleuse, bien plus que celle de 68. Après, il faut être passionné sinon, ce métier, c'est l'horreur ». Passionnés, Adrien et Sophie le sont. Bien décidés « à dépoussiérer l'image du théâtre et à bouger les lignes », ils travaillent comme des damnés, tout en se posant quotidiennement cette angoissante question : « Ma passion, je pourrai toujours la vivre, mais pourrai-je en vivre ? ».

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