2 mai 2008
Jusqu'alors observatrice critique du processus de fermeture de l'hôpital de Carhaix, la Région a décidé de s'engager dans le combat pour le maintien des services.« Au conseil régional, nous sommes très attentifs à l'équilibre des territoires bretons et nous nous sommes engagés fortement pour maintenir la vitalité du Centre-Bretagne », explique Maria Vadillo, vice-présidente chargée des solidarités.
« Nous cofinançons la RN 164, le centre culturel de Kérampuil, le centre des congrès Glenmor, l'animation territoriale de santé et les programmes de lutte contre la désertification, notamment médicale. Nous attendons que notre démarche volontariste soit partagée par l'État, en l'occurrence l'Agence régionale de l'hospitalisation ».
Pour l'élue, la fermeture des services actifs de l'hôpital de Carhaix réduirait à néant tous les efforts menés par les collectivités de la région pour que tous les Bretons puissent accéder équitablement aux services de nécessité.
Contrat non respecté
« Je siège à la commission exécutive de l'ARH et je pensais que le rôle des politiques pouvait y être important », poursuit-elle, en constatant avec amertume qu'il n'en est rien.
« Nous avons participé à l'élaboration du Sros (*), dans lequel l'ARH s'engageait à aider l'hôpital de Carhaix à vivre jusqu'en 2010. D'ici là, nous devions trouver les moyens d'assurer la pérennité de l'établissement. En choisissant de fermer avant que nous n'ayons pu avancer sur ce dossier, le nouveau directeur de l'ARH ne respecte pas le contrat ! ».
« Rien n'est interdit »
À défaut d'avoir eu le temps de mettre au point des propositions, la Région a décidé de faire face à l'urgence en sollicitant « une personne-ressource de haut niveau ». Il s'agit d'un médecin qui, depuis vingt ans, intervient comme consultant en France et à l'étranger. Sa spécialité : les restructurations hospitalières et des regroupements de plateaux techniques public-privé.
« La commande n'est pas de refaire le diagnostic de l'ARH, même si ce diagnostic est contestable à bien des égards », précise Maria Vadillo.
« Ce que nous attendons de lui, c'est de tracer le chemin qui permettra d'atteindre l'objectif fixé : le maintien des services de l'hôpital. Quant aux manières d'y parvenir, rien n'est interdit ».
Rien sauf, naturellement, l'appel à contribution des collectivités : « Elles n'ont ni la volonté, ni les moyens de se substituer à l'État ».
* Schéma régional d'organisation des soins, signé en 2006.
