20 juin 2008
Hier, les défenseurs de l'hôpital de Carhaix ont investi la sous-préfecture de Châteaulin. Quatre heures de siège ponctuées d'un vilain tour joué aux forces de l'ordre.
Les Carhaisiens sont de mieux en mieux entraînés. L'action menée hier après-midi, à Châteaulin, en est la preuve. Sans prévenir personne, une quarantaine de membres du comité d'action de la capitale du Poher a tenté de faire irruption dans l'enceinte de la sous-préfecture. Tactique au point.
« Le but était d'allumer un feu de pneus à chaque entrée de la rue pour faire diversion, d'amener le camion jusqu'à la porte arrière, de sortir les échelles et de gravir les murs », racontait un des manifestants à la fin de l'opération. Seule une quinzaine d'entre eux a réussi la cabriole. Les autres ont été contenus à l'extérieur de l'enceinte par des gendarmes faucheurs d'échelles.
« Si vous chargez
on met le feu »
A une quinzaine, on peut tenir une place. Ravitaillés en boisson, en nourriture et surtout en pneus, pendant quatre heures, les Carhaisiens ont fait face aux forces de l'ordre. Leur revendication : « On veut voir le préfet ou Ménard, sinon on reste là ». Aucun des deux interlocuteurs réclamés ne s'est déplacé. Alors, vers 20 h, le commandant Nauret, chef de la compagnie de Châteaulin, a fait appel aux gendarmes mobiles. Casqués et prêts à l'affrontement, les militaires ont pénétré dans l'enceinte de la sous-préfecture. Vent de panique dans les murs. Des pneus et du bois sont entassés sous les fenêtres du bâtiment central. Les Carhaisiens ont déversé sur le bûcher de l'essence de la réserve ouverte de la sous-préfecture. Avant de lancer au mégaphone un avertissement à leurs adversaires : « Si vous chargez, on met le feu ».
Le tube de l'été
Pendant une demi-heure, les deux camps se sont regardés en chiens de faïence. Finalement, le commandant Nauret a décidé de lancer l'assaut. Les défenseurs de l'hôpital ont alors décampé à toute vitesse pour narguer les gendarmes mobiles, du haut des murs de la sous-préfecture, et observer les flammes lécher le bâtiment.
Tout en chantant un slogan en passe de devenir le tube de l'été : « Carhaix résistance ! ».
