18 février 2008
Pour la première fois, les personnes handicapées de tous horizons marcheront sur l'Élysée le 29 mars pour dénoncer la pauvreté qui frappe beaucoup d'entre eux.
Nicole, handicapée motrice, a commis « l'erreur » de tomber amoureuse et de se marier avec Jean-Claude. Le couple qui vit dans la région quimpéroise a vu ses ressources passer de 1.828 à 1.300 . L'allocation adulte handicapée (AAH) de 628 de Nicole se résume désormais à 91,71 par mois. Le salaire net de Jean-Claude, salarié du bâtiment, s'élève à un peu plus de 1.200 . Quand le revenu du foyer fiscal atteint 1.300 , l'AAH est réduite d'autant, voire totalement supprimée.
« L'AAH doit devenir un revenu d'existence attaché à la personne et non plus une prestation sociale », revendique Thierry Duval, de l'association des Paralysés de France et membre du collectif des associations de personnes handicapées du Finistère (CAPH29), rallié au slogan national « Ni pauvres, ni soumis ».
Autre exemple, celui de Gérard, handicapé qui touche l'AAH et fréquente un accueil de jour du lundi au vendredi qui lui coûte 230 par mois, sans oublier 25 % des frais de transports.
Voici encore le cas de Robert, un artisan victime d'un accident du travail, il perçoit une pension d'invalidité de 1.789 qui paye le foyer d'accueil médicalisé où il vit. À sa femme, il ne restait que 200 par mois jusqu'à ce que l'aide sociale intervienne. Elle dispose désormais de 600 pour vivre, entretenir leur maison et prendre en charge son époux lorsqu'il revient à domicile.
25 % d'augmentation
de l'AAH
Les travailleurs en Esat (ex CAT) ne sont pas mieux lotis, avec un salaire de 514 pour 35 h, repas de midi décompté. Tout repose donc, aujourd'hui, sur la solidarité familiale. Si un handicapé trouve, par chance, un emploi à temps partiel, son AAH s'en trouve amputé d'autant. À quelques euros près, l'AAH ne permet pas d'obtenir la CMU, les handicapés sont aussi soumis aux franchises. De nouvelles ponctions qui viennent aggraver leur situation financière.
« Nous allons rappeler au Président sa promesse de campagne qui était d'augmenter l'AAH de 25 % sur cinq ans. Nous revendiquons un revenu au moins égal au Smic brut, assorti de cotisations sociales et soumis à l'impôt, indépendant des ressources du conjoint et du lieu de vie », ajoute Bruno Quellec, président du CAPH29.
Des cars partiront du Finistère le samedi 29 mars. Infos auprès du CAPH29, tél. 02.98.55.51.43. ou par mail : caph29@wanadoo.fr
