22 novembre 2008
Certaines histoires belges font rire. Tel n'est pas le cas pour celle que vient de vivre une étudiante brestoise, Marie Le Maître, prise en étau entre deux services administratifs bruxellois.
Toute petite déjà, Marie Le Maître, 20 ans, rêvait de devenir sage-femme. En 2006, la jeune fille s'inscrit en médecine à Brest, espérant pouvoir intégrer cette formation en franchissant l'étape du concours de fin de première année. Deux tentatives infructueuses.
Qu'à cela ne tienne, elle décide, en juin 2008, de tenter sa chance en Belgique où les critères d'admission sont plus souples. « En juillet, raconte-t-elle, j'expédie une photocopie certifiée conforme de mon bac au service belge des équivalences de diplômes. Ce document devait partir avant le 15 du mois. Nous étions le 15 mais, avec ma mère, nous nous sommes dit que cela valait quand même le coup d'essayer ».
C'est bon !
Bien lui en prend puisque, le 28 août, l'étudiante reçoit un courrier qui lui indique que le document en question est arrivé dans les délais et qu'il est pris en compte pour l'année universitaire 2008-2009. « Je suis partie peu après à Bruxelles déposer mon dossier de demande d'inscription à la Haute École Francisco-Ferrer. Le 5 septembre, on m'informait que je faisais partie des douze étudiants étrangers retenus, après tirage au sort, sur 40 postulants. C'était génial ! ».
Suit, le 11 septembre, un deuxième aller-retour entre Brest et Bruxelles, afin de faire valider son dossier d'inscription. « Là, le directeur de l'école vient me dire qu'un décret interdit d'accepter un étudiant lorsque le diplôme exigé a été posté après le 14 juillet et qu'il ne peut donc pas valider mon inscription. Il téléphone pourtant au service des équivalences qui lui confirme que c'est bon pour moi... Ma mère verse donc 366 de frais d'inscription et nous signons un bail d'un an pour un appartement à Bruxelles, avec un loyer de 600 ».
Finalement, c'est non !
Confiante, le 15 septembre, Marie entame son année d'études... interrompue dès le 16 : le directeur de l'école refusant de nouveau son inscription en raison de la date d'envoi du diplôme. Effondrée, Marie en est quitte pour rentrer à Brest afin de préparer un recours contre la décision de l'administration belge. Recours rejeté à la mi-octobre. « Je n'avais plus qu'à me résigner à déménager de Bruxelles ». Sauf que, début novembre, l'étudiante reçoit un nouveau courrier de la commission belge des équivalences des diplômes qui lui confirme... que le courrier litigieux a été transmis dans les délais ! À n'y rien comprendre.
« Que faire ? Je ne sais plus trop vers qui me tourner, et l'année universitaire est déjà trop entamée pour tout recommencer. En attendant l'an prochain, je me suis inscrite en biologie à l'UBO, mais pour la forme... Sans parler du préjudice moral, entre les multiples allers-retours à Bruxelles, la location de l'appartement et divers frais, cette affaire aura coûté au moins 5.000 à ma famille... Et nos frais d'inscription à l'école n'ont toujours pas été remboursés... Je réclame au moins que, l'an prochain, cette école accepte ma candidature sans passer par le tirage au sort. Et j'espère que mon cas servira d'exemple à d'autres étudiants français... ».
Contact
E-mail : ptiteloute@hotmail.com