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Finistère

Défi des ports de pêche. Les derniers pêcheurs groisillons

2 juin 2009

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Le 22e Défi des ports de pêche s'installe pour cinq jours à Groix(56). Il ne reste plus, aujourd'hui, que sept bateaux de pêche sur l'île. Rencontre avec Albert Goarin et Thierry Orvoen, deux des derniers Mohicans

Et en plus il n'est même pas Groisillon! Albert Goarin a la gouaille de son pays d'origine, bigouden du Guilvinec. Depuis une dizaine d'années, il pêche le bar à la ligne, seul à bord de son bateau, La Paix, un ligneur de 8,50 m. Il est un des sept pêcheurs survivant depuis une dizaine d'années, sur cette île, qui a été le premier port thonier de France, entre1870 et1940. Aujourd'hui, sur les quais de Port-Tudy, les sept petits bateaux des pêcheurs sont perdus au milieu des voiliers de la plaisance. Des ligneurs, des fileyeurs, des caseyeurs pratiquent encore une pêche artisanale, «douce et sélective», tient à préciser AlbertGoarin. «Nous prélevons 40 à 100kg de poisson par jour et par bateau», explique-t-il. Deux bateaux travaillent pour la consommation locale. Pour les autres, les trois quarts de la pêche sont livrés à Lorient».

Deux retraités sur sept pêcheurs

Albert a choisi de prendre sa retraite à Groix et de continuer à exercer son métier sur son petit canot, après avoir navigué pendant des années sur de plus petits bateaux. «Sur les sept pêcheurs de Groix, nous sommes deux retraités à continuer notre activité», ajoute Albert. Un seul jeune s'est installé récemment avec un bateau neuf». Thierry Orvoen navigue sur un caseyeur de 8,50m. Le Cupidon, avec lequel il rapporte des crustacés et quelques poissons qu'il vend sous la criée de Lorient, ou aux viviers de Groix. «J'ai commencé avec mon père», explique-t-il. «J'ai repris ensuite un bateau plus petit il y a dix ans, car je ne trouvais plus sur l'île de matelots pour former un équipage». Pour les deux pêcheurs, le déclin de la pêche sur l'île s'est accru dans les années 80 avec le développement de la criée de Lorient. «C'était plus simple d'être basé à Lorient pour vendre son poisson», explique Thierry Orvoen. «Ensuite, beaucoup de patrons ont déserté l'île pour la pêche hauturière. Ils se sont embarqués sur les 54 m de l'armement Jégo-Quéré. Aujourd'hui encore, on en trouve beaucoup sur les bateaux de la Scapêche». Alors évidemment de voir toute la pêche française débarquer à Groix pour participer au défi, ça les émeut. Pendant cinq jours, les deux pêcheurs laisseront tomber le poisson pour naviguer sur le voilier du défi groisillon, avec la volonté farouche de remporter le trophée une troisième fois. Contact www.defidesportsdepeche.com

  • Sophie Paitier
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