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Finistère

Algues toxiques. La science au secours des canaux

11 février 2008

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Les canaux bretons sont-ils sauvés ? La mobilisation de la population et des élus a permis d'écarter la menace de leur destruction, mais les partisans du « débarrage » n'ont pas renoncé. Il va falloir faire vite. L'Europe impose le retour au « bon état écologique des eaux » avant 2015. Mais les eaux quasi dormantes des rivières canalisées sont propices à la prolifération de micro-algues toxiques, les cyanobactéries. Poissons, canards, et baigneurs n'ont plus leur place dans les eaux qu'elles infestent. Pêcheurs, chasseurs, militants écologistes, gestionnaires de l'eau, prônent une solution radicale : le retour des cours d'eau à leur état d'origine. L'Agence de l'eau a, d'ailleurs, envisagé sérieusement la question, à en juger par la précision de l'étude financière sur le coût des débarrages, qu'elle a livrée à la Région. « Elle est chiffrée à l'euro près, sur un coût de plusieurs millions », remarque Gérard Mével, vice-président à l'environnement. Il y a, pourtant, des moyens de lutte contre ces satanées algues bleues. Le chercheur Jean-François Humbert (Inra, Pasteur), est le spécialiste de ces empoisonneuses et connaît les moyens d'en venir à bout et de prévoir leur évolution. Les scientifiques de plusieurs disciplines planchent sur ces algues et mettent en oeuvre des moyens d'analyse dans le monde entier.

Virus contre bactéries

Quelques recettes anti-cyanobactéries sont désormais connues, comme la limitation des rejets de phosphore, la gestion du débit, le traitement au cuivre ou la stérilisation des fleurs. « Il y a aussi des pistes d'outils de lutte biologique », ajoute Jean-François Humbert. « On pense à des virus qui pourraient infecter et tuer les bactéries ou à des plantes qui les capteraient ». Suffiront-elles à épargner aux canaux bretons les foudres de Bruxelles ? L'écologue Myriam Bormans (Rennes1, directrice de recherche au CNRS) estime, pour sa part, que toute décision serait prématurée tant que l'écosystème des canaux n'aura pas fait l'objet d'études. Des études qui, précisément, vont être poussées sur le thème de l'influence des retenues sur la qualité de l'eau, et dont la restitution se fera à Rennes dans un an.

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