20 septembre 2008
Le centre d'information sur les droits des femmes des Côtes-d'Armor (Cidf) a dévoilé, jeudi, les résultats d'une enquête réalisée de septembre 2007 à février 2008 afin d'évaluer les répercussions des violences conjugales sur la santé des femmes costarmoricaines.
« On s'était aperçu que les problèmes de santé des femmes victimes de violences n'étaient pas assez pris en compte », indique Bernadette Vanden Driessche, chargée de mission départementale aux droits des femmes et à l'égalité, et animatrice de la commission départementale de lutte contre les violences faites aux femmes qui a diligenté cette enquête.
Etat dépressif persistant
Sur les 52 femmes du département interrogées, 17 ont évoqué leur dépression, 28 la crainte pour leur propre vie et 24 pour la sécurité de leurs enfants. Plus troublant : sur les 35 femmes qui ne sont plus victimes aujourd'hui de violences conjugales, il apparaît que les séquelles traumatologiques sont importantes, que l'anxiété et l'auto-dévalorisation persistent et sont difficiles à traiter. Les troubles digestifs s'avèrent les troubles psychosomatiques les plus récurrents, du fait de l'angoisse et de l'état de pression dans lesquels elles se trouvent. Près de la moitié de ces femmes souffrent de fatigue intense, de troubles du sommeil, de difficultés de concentration et d'attention et reconnaissent avoir recours à des médicaments. Plus de la moitié d'entre elles s'avouent, même encore aujourd'hui, dépressives.
Mise en réseau
de professionnels
La commission départementale de lutte contre les violences faites aux femmes souhaite que cette enquête « serve de tremplin à un travail sur la santé de ces femmes ; permette une meilleure connaissance des problématiques de santé de ces femmes ; une mise en réseau des professionnels de santé ainsi qu'une mise en lien entre eux, les travailleurs sociaux, les associations qui accompagnent les femmes victimes et le réseau judiciaire », explique Bernadette Vanden Driessche.
