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Côtes-d'Armor

Roc'h Tredudon. France 3 Iroise manifeste

5 janvier 2009

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Près de 200 personnes ont répondu, hier, à l'appel des salariés de France 3 Iroise. Dans le collimateur : la nouvelle loi sur l'audiovisuel public. Et la disparition du journal Iroise de 19 h 57, dès aujourd'hui. Ils avaient symboliquement choisi l'émetteur TDF du Roc'h Tredudon, à Plounéour-Ménez (29), pour dire non « au sabotage de l'information locale et régionale ». Un bon nombre des 21 salariés de France 3 Iroise, habituellement basés à Brest, y ont assuré la tambouille, le spectacle et la mobilisation, pour un déjeuner festif, au pied de l'antenne, hier midi.

200 personnes réunies

Près de 200 personnes, dont bon nombre de sympathisants de l'UDB ou des associations environnementales du secteur, ont bravé le gel pour apporter leur soutien aux manifestants. Parmi elles, quelques personnalités comme le député du Finistère Jean-Jacques Urvoas ou le maire de Carhaix et conseiller régional Christian Troadec. Dans le collimateur des salariés titulaires de France 3, qui seront pour beaucoup grévistes aujourd'hui : la disparition, à compter d'aujourd'hui, de l'édition locale Iroise du journal à 19 h 57 - la plus regardée des 35 éditions régionales en France, avec 66.000 à 80.000 spectateurs par jour -, au profit d'un premier journal plus long mais avancé de dix minutes, « à 18 h 38, ce qui ne correspond plus au rythme de vie des citoyens », notent les salariés brestois de la chaîne publique, qui craignent un effondrement des audiences et se demandent, dans ce contexte : « Quel avenir pour la télévision locale ? ».

L'attaque des « boules de pub »

Pour fustiger l'application « par anticipation » de la nouvelle loi sur l'audiovisuel public, et le « bourrage publicitaire » de la tranche 19 h-20 h qui en découle, le groupe s'est plié, hier, à une mise en scène ludique, pendant une bonne dizaine de minutes. Le temps d'un décrochage local, en somme. La tête cernée d'un poste de télévision en carton, les journalistes, cadreurs et monteurs ont joué les quilles des télévisions locales. En face d'eux : un président Sarkozy fantoche, prêt à les frapper, et les patrons de France Télévisions et de TF1, très occupés à leur envoyer des « boules de pub ».

La télé « sur la paille »

Histoire de symboliser la télévision publique locale « sur la paille », le groupe a encore invité tout un chacun à enregistrer son message de soutien derrière une fausse télévision posée sur un ballot. Une vidéo sera prochainement distribuée, en réponse au « mépris » ressenti par les salariés de la part de la direction de la chaîne. « Car rappelons, terminent le délégué du personnel Bruno Gilbert et le suppléant du comité d'entreprise Herri Morvan, que la télévision publique n'appartient pas à l'État. Elle est avant tout la propriété du public ».

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