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Côtes-d'Armor

Chaffoteaux. «Ils ne méritent pas le titre de dirigeants» [Video]

1 juillet 2009 - 1 réactions

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Hier, au cours de la table ronde sur l'avenir de Chaffoteaux, «le cynisme» et «la désinvolture» des patrons de l'usine ont choqué élus et représentants du personnel. La réunion a confirmé que les 207 licenciements sont plus que jamais d'actualité.

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«Nous sommes des élus qui avons de la bouteille. Mais jamais nous n'avions rencontré de tels patrons». 18h15, hier, devant la préfecture des Côtes-d'Armor. Michel Lesage, le président de l'agglomération briochine, sort tout juste de la table ronde sur l'avenir de l'usine Chaffoteaux. Et l'élu socialiste le confie volontiers à la centaine d'ouvriers massée autour de lui: «Je sors de là un peu KO et désarçonné». Un sentiment partagé par un Bruno Joncour à peine remis de la «désinvolture» et du «cynisme» dont ont fait preuve les patrons d'Ariston Thermo Group (le groupe italien propriétaire de l'usine): «Ces gens-là ne méritent pas le titre de dirigeants d'entreprise», lance le maire de Saint-Brieuc. Car durant les deux heures de réunion, rien ou presque n'a été annoncé de nouveau. «C'était du bla-bla», résume Chantal Jouan, la déléguée du personnel CGT.

«Leur seul plan: nous licencier»

Pourtant, les questions ne manquaient pas chez les salariés et les élus. Mais les réponses obtenues sont bien maigres «Leur seul plan, c'est de nous licencier», dénonce MartialCollet, de Force Ouvrière, avant d'annoncer que les Italiens n'ont jamais cherché le moindre repreneur pour l'usine. Finalement, les nouvelles informations sont venues des élus: «Ils ont dit à nos patrons qu'ils ne recevraient pas un sou des pouvoirs publicset qu'ils ne bénéficieraient pas du chômage partiel», indique Chantal Jouan, sous les applaudissements de ses collègues. Conséquence directe de ce choix, la solution comportant 149 licenciements - solution suspendue, notamment, à une exonération de taxe professionnelle et foncière durant quatreans - n'est plus d'actualité. Mais l'a-t-elle jamais été?

Le cabinet de conseil le plus cher de France

Le plan B (207 suppressions d'emplois sur les 250 postes restants) semble donc le seul à être étudié actuellement par le groupe ATG. «Nous venons d'ailleurs d'apprendre qu'ils travaillent avec le cabinet de conseil Sofred, le plus cher de France», déplore MartialCollet. Aujourd'hui, à Paris, lors du comité central d'entreprise, c'est donc une nouvelle réunion sans véritable annonce à laquelle devraient assister les représentants du personnel. Mais à leurs côtés, ils auront 200 salariés en colère, venus en cars de Saint-Brieuc, bien décidés à mettre la pression sur leurs «patrons voyous».

  • Julien Vaillant
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1 réaction

  • Jacques Boutbien
    Chaffoteaux : Les vraies questions à se poser
    Jacques Boutbien 5 rue des camélias 22950 Trégueux Tél : 02 96 71 10 20 Email : jacques.boutbien@hotmail.fr Administrateur et Délégué aux médias de l'association « APL SAGP » « Association pour la promotion de la Société à gestion partagée » * « Chaffoteaux et Maury » : les vraies questions à se poser. Depuis l'annonce du projet de suppressions d'emplois à Chaffoteaux et Maury les réactions d'indignation ne finissent pas d'arriver dans les rédactions. Aussi légitimes et sincères soient-elles elles révèlent aussi, à leur lecture, l'incapacité et (ou) l'absence de volonté de leurs auteurs à affronter les vraies questions qui se posent à l'occasion d'un tel désastre social : La question de la limitation du droit de propriété dans le domaine économique et, celle centrale, du partage du pouvoir entre les actionnaires et les apporteurs de travail au sein de l'entreprise. Comment en effet ne pas voir au travers de ce qui arrive aux salariés de Chaffoteaux et Maury les incohérences manifestes et les discriminations du Droit actuel ? Etrange paradoxe en effet où le Droit de 2009 permet aux actionnaires de s'accaparer sans vergogne le fruit du travail et le savoir faire de milliers de salariés acquis depuis des décennies sans que l'on puisse le moins du monde s'opposer juridiquement à ces spoliations inadmissibles. Etonnant paradoxe aussi que le principal lieu de vie de la majorité des hommes et des femmes soit dispensé de toute exigence démocratique ? Alors que l'on parle de plus en plus de démocratie participative des citoyens, l'entreprise reste encore l'endroit par excellence où les salariés entre ... 8 et 18h n'ont pas voix au chapitre dans la prise de décision ! Ainsi, comment peut-on encore se satisfaire d'un code du travail ( article L.120-3) qui admette qu'un homme - l'apporteur du travail - soit juridiquement dans une relation de subordination permanente et structurelle vis-à-vis d'un autre homme - l'apporteur de capital - au nom du pouvoir que confère la propriété des moyens de production alors que la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme signée par notre pays en 1948 affirme que « les hommes sont libres et égaux en droits et en dignité » ? Comment se fait-il que l'entreprise, collectivité humaine des apporteurs du travail et du capital ne puisse accéder juridiquement à la personnalité morale en lieu et place de la société représentative seulement des intérêts des actionnaires ? Comment se fait-il que le produit de la valeur ajoutée créé essentiellement par les apporteurs de travail - les salariés - soit accaparé et distribué uniquement selon le bon vouloir des seuls actionnaires ? Ce refus d'aborder frontalement un tel débat est d'autant plus surprenant que la question de la participation à la gestion des entreprises est un droit constitutionnel figurant dans l'article 8 du préambule de la Constitution de 1958. « Tout travailleur participe, par l'intermédiaire de ses délégués, à la gestion des Entreprises » Mesdames, Messieurs les politiques !!! Au delà des récriminations justifiées concernant cette violence sociale ne serait -il pas plus efficace et plus constructif que vous dépensiez un peu plus de votre énergie dans des propositions législatives concrètes destinées à modifier le droit inique actuel concernant le pouvoir dans l'entreprise ? Voila au moins l'esquisse d'un beau programme au chapitre de la démocratie économique pour des partis politiques ... en panne d'idées et de doctrine. * L'association pour la promotion de la SAGP (APL-SAGP) regroupe des personnes d'horizons politiques divers (hommes politiques, universitaires, magistrats, syndiqués etc) dont le but commun est de promouvoir la gestion partagée au sein de l'entreprise.
    Ajouté le 1 juillet 2009 à 10h26
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