23 février 2009
Redon (35) se prépare à vivre sa révolution ferroviaire. Une révolution qui pourrait faire de la ville un carrefour majeur des liaisons régionales.
Posée sur les frontières de troisdépartements et de deux régions, Redon est au coeur du triangle Vannes-Rennes-Nantes, trois villes en plein essor dont elle n'est distante que de 60km. Des kilomètres qui paraissent bien longs lorsqu'il s'agit de les parcourir par la route, tant le réseau est tortueux (quoiqu'il s'améliore vers Rennes). En revanche, le train prend ici des allures de tram péri-métropolitain, avec son cadencement d'enfer: une vingtaine de trajets chaque jour vers Rennes (dont cinq TGV qui couvrent la distance en 26 minutes), et presque autant vers Vannes (29 minutes) et Nantes (pas de TGV). Rien d'étonnant si le train régional (40 minutes pour les directs rennais, 44 pour Nantes) vaut à la gare de Redon une impressionnante augmentation de la fréquentation: avec+20% par an sur le réseau TER breton (la plus forte hausse juste derrière Landerneau), elle a atteint 700.000 passagers.
Des hectares au coeur de ville
Cet «atout-train» n'est sans doute pas étranger à l'amorce de renouveau démographique de la ville: après 25 années de stagnation, la population (9.600habitants) semble vouloir progresser à un meilleur rythme depuis deux ou trois ans. Avec la montée en puissance du TER (1,4million de passagers prévus en 2020), la perspective prochaine du TGV (à 2h de Paris en 2014), le plan BGV (1h de Quimper) et le projet plus lointain de liaison vers Nantes, via l'aéroport international de Notre-Dame-des-Landes(2020?), Redon deviendra un vrai noeud ferroviaire de premier plan. La ville s'y prépare, avec un projet de réaménagement des abords de la gare. Un imposant projet, qui prévoit notamment le déménagement de la gare de fret vers Saint-Jacut, à 6km de là. En gagnant plusieurs hectares dans l'hyper-centre, la cité pourra dégager l'espace nécessaire au stationnement, aux navettes de bus, à une circulation et une urbanisation repensées.
Le Drian: «Je suis prêt à mobiliser l'argent»
Le président Jean-Yves Le Drian a rencontré les élus du pays pour les inviter à hâter leurs projets. Le conseil régional est prêt à cofinancer à un double titre: par son «plan gares», et le contrat de Pays. «Je suis prêt à mobiliser l'argent tout de suite, à vous de faire en sorte que le projet aboutisse rapidement», leur a-t-il dit en insistant sur l'urgence. «Le bâtiment et les travaux publics vont entrer en crise dans trois ou quatre mois, c'est en 2009 qu'il faut avancer pour qu'ils aient des chantiers au plus vite».
