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Morbihan

Super-Frelon. À bout de souffle

4 juin 2008

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La très longue carrière des Super-Frelon pourrait s'achever du jour au lendemain. Ils pourraient même être remplacés par des appareils civils, en attendant l'arrivée du successeur, le NH 90. Emblèmes du sauvetage en mer depuis un demi-siècle, les hélicos marine arrivent en bout de course. Leur remplaçant n'arrivera qu'en 2009, le dernier des sept appareils encore en activité à Lanvéoc (29) n'étant remplacé qu'en 2013. Mais la réalité pourrait être toute autre si l'un de ces appareils, soumis à rude épreuve, connaissait une défaillance majeure.

À la limite

« Je l'ai dit, je l'ai écrit aux plus hautes autorités : nous avons globalement dépassé les limites ou nous en approchons dangereusement dans certains domaines, en utilisant des appareils sollicités dans les pires conditions de mer et d'urgence », estime le commandant de la base aéronavale de Lanvéoc, Dominique de Lorgeril, lui-même pilote expérimenté de Super-Frelon. « Cependant, j'affirme que nous assurons la mission qui nous est confiée en toute sécurité pour les équipages et les personnes évacuées. Mais il faut reconnaître que le défi est, d'année en année, toujours plus difficile à relever ». La preuve, en avril dernier. Le commandant de la base décidait de retirer, deux semaines durant, les Super-Frelon du dispositif d'alerte, la mission étant intégralement reportée sur le Dauphin de service public et un Lynx à la moindre capacité d'emport et de rayon d'action. « C'était ça ou rogner sur les heures d'entraînement, puisque le nombre d'appareils disponibles n'était pas suffisant pour assurer les deux ».

S'en remettre au privé

Le nombre d'incidents lors de la mise en route (qui entraîne automatiquement un changement d'appareil) augmente dans le temps. En cas de retrait soudain des Super-Frelon, le dispositif serait maintenu à l'aide d'appareils de l'armée de terre (EC 725) pilotés par des marins spécialement formés. Mais l'armée de terre n'a pas non plus les moyens de prêter ses hélicos. Alors, en attendant le NH 90, on envisage de louer à des sociétés privées, spécialisées dans l'offshore, la version civile de l'EC 725. Quatre pilotes de Lanvéoc sont actuellement en formation chez Eurocopter, à Marignane. Mais les plus expérimentés d'entre eux appréhenderaient davantage le passage sur le NH 90 qui, comme tout prototype, demandera une certaine période d'adaptation sur le plan de la technologie et du pilotage.

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