15 octobre 2008
La plupart des écoles bretonnes ont aujourd'hui mis en place l'aide personnalisée aux élèves en difficulté. Ce ne fut pas simple partout, souvent à cause des contraintes de transports. Dans une majorité d'écoles, c'est la pause de midi qui a été choisie.
« Les transports scolaires ont été le principal obstacle. On ne pouvait pas intervenir pour en modifier les horaires ».
À l'école de Gourin (56), qui a commencé l'aide personnalisée cette semaine, l'équipe enseignante s'est heurtée, comme dans beaucoup d'écoles, à des difficultés d'ordre très pratique. Elle n'a pas vraiment eu le choix. C'est pendant la pause de midi que les écoliers en difficulté seront pris en charge.
« Le pire moment »
Un créneau qui, pourtant, n'est sans doute pas le meilleur pour les enfants, notamment pour les plus jeunes. Les enseignants sont les premiers à le reconnaître. C'est aussi l'avis des chronobiologistes. « Le pire moment, c'est le midi », observe François Testu, universitaire, spécialiste du rythme des enfants (lire ci-dessous).
Le Finistère est le département où le créneau de « la pause méridienne » est le plus largement majoritaire. 242 écoles proposent ces deux heures de soutien, entre 11 h 30 et 13 h 30. Elles sont 99 à avoir opté pour le soir et 43 ont choisi le matin. Très peu d'écoles, seulement six, ont préféré le mercredi matin.
Dans le Morbihan, la répartition est plus partagée. Sur les écoles primaires qui ont mis en place l'aide, 27 ont opté pour le midi, 25 pour le soir, neuf pour le matin et deux pour le mercredi matin.
Dans les Côtes-d'Armor, sur l'ensemble des écoles (primaires, élémentaires et maternelles), 147 ont choisi le midi, 168 après la classe et 26 avant la classe. Une dizaine d'écoles a opté pour le mercredi matin. La pause de midi est majoritaire en maternelle alors qu'en primaire, c'est après l'école.
Ne pas trop alourdir
la journée
Outre le choix du créneau, plusieurs aménagements horaires étaient possibles : quatre séances de 30 minutes, trois de quarante, deux d'une heure ou une de deux heures. De loin, c'est la première formule qui a été la plus choisie. Dans le Finistère, sur 463 écoles, 344 ont opté pour le quatre fois 30 minutes. Dans les Côtes-d'Armor, cette formule, choisie par 204 écoles, est également très majoritaire.
Cet aménagement est sans doute celui qui permet de ne pas trop alourdir la journée des enfants. Le souci principal de beaucoup d'équipes pédagogiques. Dans certaines écoles, la pause du midi a parfois été allongée. « Ça permet aux enfants d'avoir quand même une heure et demie à eux », explique Michel Sillard, adjoint à l'inspecteur d'académie du Finistère, chargé du premier degré. En contrepartie, la classe commence une demi-heure plus tôt ou finit une demi-heure plus tard.
11 % des élèves
Cette aide fonctionne, en général, par groupe de quatre, cinq ou six élèves. « C'est vraiment de l'aide personnalisée », souligne Dominique Bourget, inspecteur adjoint de l'Éducation nationale dans les Côtes-d'Armor.
Selon les premières estimations, 11 % des élèves devraient bénéficier de ce soutien. Dans le Finistère, 7.000 à 8. 000 élèves sur 58.000 sont concernés. Une aide dont la durée variera selon les enfants et l'ampleur de leurs lacunes. « Tous les enfants n'en auront pas forcément besoin toute l'année », observe Yvette Lecomte, adjointe à l'inspecteur d'académie du Morbihan. Pour chaque élève, un premier bilan sera fait avant les vacances de Noël.