21 juin 2008
Invité de la Fédération du bâtiment du Morbihan, l'un des responsables de Lafarge a indiqué, hier, que son groupe entend mener jusqu'au bout son projet d'extraction de sable.Denis Maître a animé, hier, à l'île d'Arz, à l'occasion de l'assemblée générale de la Fédération du Morbihan du bâtiment, une conférence sur le développement durable. Ce polytechnicien, ancien de chez Rhône-Poulenc et de Bossard Consultants (management), est entré chez Lafarge en 1996 où il est actuellement le patron pour la France de l'activité granulats et béton. Denis Maître était accompagné de Jean-Marc Golberg, en charge des activités granulats sur l'ouest de la France pour le groupe.
Le nº1 du ciment dans le monde inaugurait ainsi un cycle de formation sur les économies d'énergie dans le bâtiment, qu'a voulu lancer, à destination de ses 350 entreprises, la Fédération morbihannaise, avec ce premier volet sur les matériaux. Car, souligne-t-elle, « Lafarge s'est particulièrement impliqué dans les travaux du Grenelle de l'environnement ».
Une réduction
de 20 % du C02
Lafarge (90.000 salariés, 76 pays) développe notamment dans ses usines un programme pour réduire de 20 % les émissions de CO2 par tonne de ciment à échéance 2010. Cela en utilisant moins de combustibles fossiles pour le chauffage des fours par incorporation de farines animales ou de déchets industriels, tels que les pneus.
Mais actuellement, Lafarge n'est pas le bienvenu sur le littoral morbihannais depuis que le groupe a obtenu, en 2005, un permis exécutif de recherche en vue de l'exploitation du gisement de sable roulé datant du pliocène (ère tertiaire), par 25-30 m de fond, au large de la ria d'Etel. Le projet soulève la colère du collectif Le Peuple des dunes.
250.000 en recherche
« La totalité des études sera terminée en septembre-octobre et présentée au comité local de suivi », a indiqué, hier, Jean-Marc Golberg. « Sur tout ce qui concerne la stabilité du trait de côte, les résultats sont rassurants », ajoute-t-il, en précisant qu'il n'y pas de « liaison » entre le cordon dunaire et la zone prévue pour l'extraction.
Lafarge aura dépensé 250.000 en frais de recherche. « Pour la ressource, il y aura toujours des solutions. On peut aller chercher des matériaux plus loin, mais ça coûte beaucoup plus cher, a souligné Denis Maître. Nous sommes des gens responsables. Nous payons des experts en plancton, en inclinaison du fond de la mer, etc. Si nous avons la conviction intime qu'il n'y aura pas d'impact sur l'environnement, nous nous battrons pour faire avancer les choses ».
