letelegramme.com

 

Bretagne

Philippe Bertin. Eau en couleur!

28 juin 2009

  • Réduire le texte
  • Réduire le texte
  • Agrandir le texte
  • Agrandir le texte
  • L'article au format PDF

Patron du fonds d'investissement Equitis, PhilippeBertin a aussi une fibre d'inventeur: il finance depuis dix ans un appareil qui permet le dessalement de l'eau de mer, un marché en pleine expansion.



Financier, industriel, investisseur... Comment vous définiriez-vous?
Je fais de la gestion de fonds d'investissement en risque. C'est un métier particulier, d'ambulance et de pompier du «private equity»: on reprend en gestion des fonds investis par d'autres équipes, mais qui sont trop vieux ou qui n'intéressent plus, ce qu'on appelle des fonds de cuves. Ma mission, c'est de dire «ok, banco». On reprend des fonds dans tous les domaines, et on essaie d'en faire quelque chose, d'y apporter notre valeur ajoutée.

On a beaucoup parlé des fonds depuis la crise, avez-vous été touché?
Tous les fonds ont été touchés, bien sûr, mais ce n'est pas la catastrophe. Comme toujours, la crise va avoir un effet positif: elle va pousser dehors les gens qui n'étaient pas au niveau. Depuis 2002, le marché était en pleine expansion. Il y a eu un afflux de gens qui ont monté des fonds sans expérience ni savoir-faire. Une partie de ces personnes va disparaître. Tous les acteurs du milieu ont gagné énormément d'argent ces dernières années: banquiers, avocats... Tout le monde s'en mettait plein les poches. Il y a un moment où ça s'arrête.

Vous l'avez vu arriver, cette crise?
Oui, parce que comme on fait l'ambulance, on voit ce qui ne va pas. Donc, je sais qui est bon, qui fonctionne, qui ne fait pas son boulot. Mais les équipes solides passeront la crise. Le métier va s'assainir et se professionnaliser.

Vous sentez-vous proches du «Loup de Wall Street» et autres «Cityboy», ces livres qui décrivent les excès des traders?
(Il rit) En pratique, rien à voir. Le trader est un joueur à court terme. Alors que le métier d'investisseur est un métier à moyen ou long terme. Ça fait partie des erreurs qui ont été commises: les investisseurs qui réfléchissent à court terme, ça ne peut pas fonctionner. Bien sûr qu'il y a des excès, mais ce n'est pas un métier de flambeur, même si certains gros fonds mènent la grande vie, il n'y a pas d'affichage ostentatoire. Et si certains ont des Ferrari, elles restent à la maison.

Vous êtes aussi le fils de l'ingénieur Bertin. Quelles sont ses grandes inventions?
Mon père, Jean Bertin, a déposé dans sa vie plus de 1.000 brevets! Sa compagnie, Bertin et Compagnie, était connue dans le monde entier et employait 700 personnes. À son actif: une décortiqueuse de noix de coco, une ponceuse à main, la tête de récupération des gaz nucléaires lors les essais de Mururoa, et l'aérotrain, un train qui a fonctionné sur coussin d'air, un engin autopropulsé. Il a circulé quelques années, avant d'être tué par la SNCF et la politique. Pompidou a signé la réalisation de la ligne et Giscard l'a enterrée. Très abattu, mon père est mort jeune, peu de temps après. En France, quand on innove, c'est dur de s'imposer.

Vous êtes breton d'adoption, après avoir épousé Françoise Colin, fille d'André Colin, l'un des fondateurs du MRP et soeur d'Anne-MarieIdrac. Qu'aimez-vous en Bretagne?
En effet, je suis béarnais, marié à une Bretonne 120%! Mon beau-père, André Colin, était conseiller général d'Ouessant, on ne peut pas faire plus breton. Je ne suis pas un fanatique de soleil ni de chaleur, et ces côtes du Nord sont des paysages extraordinaires. La baie de Morlaix, c'est un endroit magique, avec des lumières le soir... Ça a ce côté bout du monde, très tonique, fort et iodé, j'adore.

Vous avez financé un désalinisateur qui paraît simple mais a nécessité dix ans de recherches. Qu'a-t-il de plus que les autres?
Effectivement, l'appareil est simple dans sa conception et dans son utilisation. Très peu d'électricité, juste pour le petit ventilateur. Sans électricité, un panneau solaire suffit. Nous avons besoin de chaleur «base température», à 80 ou 90 degrés. On ne fait pas bouillir l'eau, on reproduit le schéma de la Terre depuis 4milliards d'année, qui crée de l'eau douce grâce à l'évaporation de l'eau des océans. C'est un marché de 8milliards de dollars qui croît de 40% par an. On peut utiliser les chaleurs perdues: celles des usines, des groupes électrogènes, etc. En plus de l'eau de mer, il est utilisable pour purifier les puits d'eau saumâtre, ce qui est très intéressant aussi.

Quels sont les débouchés?
J'étais en Inde récemment et ça intéresse les gens qui créent des chantiers, par exemple, ce qu'on appelle les bases-vie, pour les ouvriers. Les ONG aussi sont intéressées, on a déjà des commandes. Les débouchés, à terme, peuvent être très importants...

Vous qui baignez dans la politique, le remaniement ministériel a eu lieu récemment. Avez-vous une réaction?
Aucune, si ce n'est que ma chère belle-soeur y est toujours!

  • Propos recueillis par Claire Steinlen
  • Exportez cet article
  • Partagez cet article sur Wikio
  • Partagez cet article sur Scoopeo
  • Diggez cet article
  • Partagez cet article sur Facebook
  • Partagez cet article sur Fuzz
  • Partagez cet article sur del.icio.us
  • Envoyez cet article sur Blogmarks
Exportez cet article

«

On reproduit le schéma de la Terre depuis 4milliards d'année, qui crée de l'eau douce grâce à l'évaporation de l'eau des océans».

  • Philippe Bertin

Repères »

[SIGN_BAR]- [/SIGN_BAR][TXT_BAR]Né

Rechercher
Twitter Facebook Retrouvez Le Télégramme sur Twitter et Facebook
Association pour le contrôle et la diffusion des médias

Mentions légales - CGU - CGV - Contact - N°ISSN 2102-6785

Les sites du groupe Le Télégramme:

L'actualité en Bretagne avec Le Télégramme | L'actualité des PME avec Le Journal des Entreprises | Les outils pour dirigeants avec NetPME | Emploi avec RegionsJob | Les annonces professionnelles avec OPE, Opportunités pour l'Entreprise | Bateaux d'occasion avec Magnautic.com | L'immobilier en vidéo avec Immo-Ouest.com | Location de vacances avec Bretagne.com |

Les sites de Pen Duick :

La route du Rhum | La Transat BPE | La Transat Jacques Vabre | La transat AG2R