letelegramme.com

 

Pavés roses et matière grise

11 mai 2008

  • Réduire le texte
  • Réduire le texte
  • Agrandir le texte
  • Agrandir le texte
  • L'article au format PDF

« Je propose aux Français de rompre réellement avec l'esprit, avec le comportement, avec les idées de Mai 68 ». Le fameux message de Nicolas Sarkozy n'a pas été entendu à Lannion qui est en train de repaver tout son centre-ville. Sous les pavés, la place. 200.000 pavés de granit, 300 tonnes en tout... De quoi se refaire un Mai 68 pendant un an ! Et vous savez quoi ? Une bonne partie est constituée de granit rose, spécialité locale. Ah, des pavés roses, nuance peace and love... Même dans leurs rêves les plus psychédéliques, les djeunes de l'époque n'avaient pas imaginé ça !

Lourd sur l'estomac

À Quimperlé, le café-philo va fêter sa 100 e soirée-débat. Judicieusement baptisé « Je pense donc jeudi » (tous les troisièmes du mois), il compte en son sein quelques grognards qui ne vont pas laisser passer les 40 bougies de Mai 68 sans souffler dessus. Pour le banquet de la 100 e , samedi prochain, Marcel Le Lamer, le Socrate local, a prévu de « servir un pavé » dans les assiettes des 200 convives. S'il cherche des pavés roses pour faire joli, on peut lui refiler une adresse.

Les glandes !

François Marc, sénateur finistérien, était un jeune étudiant en mai 68. Il a gardé en mémoire ce slogan qui barrait un mur de la faculté de Brest : « L'activité doctrinale ne vaut pas l'activité endocrinale ». On vous laisse réfléchir là-dessus et on ramasse les copies dans trois heures.

Sauvé par le gong !

L'événement est tombé aux oubliettes : le 29 avril 68, le FLB (Front de libération de la Bretagne) plastique le garage de la CRS 13 de Saint-Brieuc et détruit presque tous les véhicules. Le CRS de faction cette nuit-là n'a rien vu, rien entendu avant l'explosion. Il s'attend donc à passer au trapèze quand les « boeufs-carotte » débarquent de Paris pour l'enquête interne. Dur moment en perspective. Et là, on arrête tout ! La compagnie est réquisitionnée d'urgence pour filer sur les événements. Le CRS de faction, comme ses copains, mit le cap sur Nantes puis Paris. Et fut probablement un des rares CRS à adresser un petit remerciement muet à Cohn-Bendit et compagnie...

Campagne révolutionnaire

Gaby Cohn-Bendit, le frérot de Dany-le-Rouge, raconte qu'en mai 68, son beau-frère était prof d'allemand à Vannes et qu'il résidait tout près, à Ploeren. Il va le voir et alors qu'il roule en voiture, surgit une paysanne brandissant un drapeau rouge en bordure de route. « La révolution gagne les campagnes », s'enthousiasme le Gaby. « Non, rectifie le beauf, c'est Marianne qui veut faire traverser ses vaches ! ».

Sono au rabais

Michèle Andro, étudiante à Brest à l'époque et aujourd'hui prof retraitée à Penmarc'h, se souvient que pour la manif du 7 mai, les étudiants en grève avaient besoin d'un micro pour se faire entendre. Ils se lancèrent alors dans le seul « assaut » du Mai 68 étudiant à Brest : la roulotte de la quinzaine commerciale dont la sono fut réquisitionnée pour la bonne cause ! Aujourd'hui, il n'y a plus de quinzaines commerciales, juste des soldes. C'est pour cette raison que les étudiants prévoient toujours un mégaphone...

Y'a pas écrit La Poste !

À Lorient, Les Postes (comme on disait à l'époque) étaient bien sûr en grève mais la Chambre de commerce avait mis au point un centre de tri parallèle, dans les caves. Des employés et cadres de la chambre portaient ensuite le courrier, les factures et les commandes aux entreprises. Chaude ambiance au point que le Cid-Unati de Gérard Nicoud avait tenté de mettre le feu à des palettes de courriers contre les briseurs de grève. Un cadre postier avait même entendu un industriel de Lorient confier qu'il avait mis des lingots dans une valise et qu'il était prêt à partir en Suisse si la chienlit continuait ! La grande différence, aujourd'hui, c'est qu'on peut planquer ses pépettes en Suisse sans même investir dans une Samsonite.

Antihéros

Sur Mai 68, on recueille en ce moment des témoignages à la pelle. Mais la palme, on la décerne à cette personnalité brestoise qui, en réponse à notre interrogation, nous a fait cet aveu : « En mai 68, j'avais 18 ans. Je ne travaillais pas encore, je n'étudiais pas, j'étais dorloté par ma mère, j'allais en boîte et je draguais les filles. Mais dites, vous n'allez pas mettre ça dans le journal ? ». Non, non, Michel, on ne le mettra pas. Dommage d'ailleurs, car pour une fois qu'on tombe sur quelqu'un qui avoue n'avoir rien foutu pendant Mai 68...

  • Exportez cet article
  • Partagez cet article sur Wikio
  • Partagez cet article sur Scoopeo
  • Diggez cet article
  • Partagez cet article sur Facebook
  • Partagez cet article sur Fuzz
  • Partagez cet article sur del.icio.us
  • Envoyez cet article sur Blogmarks
Exportez cet article
Rechercher
Twitter Facebook Retrouvez Le Télégramme sur Twitter et Facebook
Association pour le contrôle et la diffusion des médias

Mentions légales - CGU - CGV - Contact - N°ISSN 2102-6785

Les sites du groupe Le Télégramme:

L'actualité en Bretagne avec Le Télégramme | L'actualité des PME avec Le Journal des Entreprises | Les outils pour dirigeants avec NetPME | Emploi avec RegionsJob | Les annonces professionnelles avec OPE, Opportunités pour l'Entreprise | Bateaux d'occasion avec Magnautic.com | L'immobilier en vidéo avec Immo-Ouest.com | Location de vacances avec Bretagne.com |

Les sites de Pen Duick :

La route du Rhum | La Transat BPE | La Transat Jacques Vabre | La transat AG2R