11 février 2008
Après bien des tergiversations, les experts des assurances ont décidé, hier, de renflouer le Guillemot-VI, échoué à l'entrée de la rade de Lorient depuis une semaine.L'expert maritime de l'assurance de l'armateur a changé d'avis hier, contre toute attente. La veille, il avait arrêté la tentative de renflouement du Guillemot-VI, échoué depuis une semaine à l'entrée de la rade de Lorient, l'estimant trop dangereuse. Au grand dam de l'armateur et des sauveteurs qui, eux, jugeaient l'opération tout à fait réalisable.
Leurs arguments ont fini par l'emporter.
Pris de cours
L'opération a finalement été décidée et le remorqueur alerté à 13 h, in extremis. À tel point que les autorités maritimes ont été prises de cours et n'ont pas autorisé l'opération, qui s'est déroulée sous la responsabilité directe de la société d'assurances.
« J'avais raison. Tout s'est déroulé exactement comme je l'avais dit », jubilait, hier, Jacky Mollo, patron de la société Laminaria. Avec ses hommes, il a fortement contribué à sortir le Guillemot-VI de sa fâcheuse posture.
Les trous colmatés
Le chalutier de 17,50 m, échoué depuis le 3 février sur un îlot rocheux, a été asséché par cinq pompes installées par les trois scaphandriers et les deux mécanos de Jacky Mollo. Ils ont ensuite colmaté les trous de la coque avec une résine spéciale. À 16 h 40, la remorque du Morbihan a été passée. « On l'a sorti par l'avant, sans problème, raconte Thierry Morvan, le patron du remorqueur. En cinq minutes. Après, il fallait aller vite pour le remorquer jusqu'à l'aire de réparation navale de Kéroman, de crainte qu'il ne coule. On a mis une demi-heure. Au départ, on avait 250 m de bout, mais on l'a pris à couple pour aller plus vite ».
Barrage flottant
Un bateau se tenait à proximité avec des barrages flottants, prêt à intervenir en cas de pollution.
Le Guillemot-VI a été hissé à 19 h, par l'élévateur à bateaux du port de pêche de Kéroman, à Lorient, devant une foule de curieux. Les policiers ont dû intervenir pour permettre à la manoeuvre de se dérouler.
Reste maintenant à évaluer les dégâts. À l'oeil nu, très importants. La coque du bateau a énormément souffert.
Perte totale ?
« Actuellement, il est en quasi-perte totale », commentait, hier, Philippe Clouet, expert maritime commis par les assurances de l'armateur. « Au-delà des trois quarts de sa valeur (1,7 M), on ne le réparera pas ».
Son patron, Éric Guillemot, suivait hier soir des yeux son bateau pris dans les sangles de l'élévateur. Soulagé du revirement de l'expert des assurances.
« J'espère bien qu'on va le réparer. C'est un bon bateau. Tout neuf ». Aujourd'hui, la valse des devis va commencer.
