17 août 2008
Une baleine
de 17 m de long s'est échouée
à Damgan (56) dans la nuit de vendredi à samedi. Il s'agirait d'un rorqual, mort au large des côtes bretonnes lors de sa migration vers l'Atlantique nord.Accoudés sur le muret qui longe la grève de Kervoyal, Bastien et Camille contemplent l'animal inerte. « C'est la première fois qu'on voit une baleine. C'est impressionnant et triste à la fois. » Accompagnés par leur grand-mère Nicole, les deux enfants sont partagés à la vue de ce corps immense étendu à quelques dizaines de mètres de là.
Comme eux, des milliers de badauds ont afflué hier matin à Damgan pour observer la « bête ». Mais pas question de l'approcher de trop près. Pour des raisons « d'ordre sanitaire », un périmètre de sécurité a été dressé par les gendarmes afin de tenir la foule à distance.
C'est un promeneur qui a alerté les autorités vers 7 h 15 hier, alors que la mer commençait à se retirer. La nouvelle s'est ensuite répandue comme une traînée de poudre dans cette grosse station balnéaire. « J'allais chercher mon pain lorsque j'ai aperçu des gendarmes au bord de la grève. Je me suis arrêté et j'ai vu la baleine », raconte René, un Rennais propriétaire d'une résidence secondaire à Damgan.
Mort il y a plusieurs jours
Correspondant local du Centre de recherche sur les mammifères marins (CRMM) de La Rochelle, Claude Hautefeuille s'est rendu au chevet du cétacé pour émettre un premier diagnostic. « Sous réserve de confirmation par un scientifique, il s'agirait d'un rorqual Rudolphi, une espèce qui s'échoue rarement sur nos côtes », estime-t-il.
Selon lui, la mort de l'animal, long de 17 m, ne remonterait pas à bien longtemps. « C'est vrai qu'il présente des blessures superficielles, mais il est relativement peu blessé par rapport à d'autres baleines que j'ai vues échouées. » Il émet aussi l'hypothèse que le cétacé a pu dériver vers la côte morbihannaise après la tempête qui a soufflé dans le golfe de Gascogne.
« Cette baleine est probablement morte il y a plusieurs jours », confirme Patrick Le Ménec, soigneur animalier à Océanopolis. Le spécialiste s'est déplacé de Brest hier après-midi pour observer la « bête » et procéder à des prélèvements. Mais la marée montante l'a empêché d'approcher l'animal comme il le souhaitait.
Un « adulte » pesant
une trentaine de tonnes
« D'après ce que j'ai vu à distance, il s'agirait plutôt d'un rorqual commun, mais cela devra être confirmé. Je pense qu'il est mort au large de la Bretagne en remontant vers les eaux froides de l'Atlantique nord. Sa queue est cassée, mais cela ne suffit pas à expliquer son décès. »
Patrick Le Ménec note qu'il s'agit « d'un adulte de taille moyenne » susceptible de peser une trentaine de tonnes. Compte tenu de ses dimensions, le mammifère marin devra être découpé avant d'être transporté à l'équarrissage. L'opération doit avoir lieu ce matin, en présence d'un scientifique de l'Ifremer.
