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Morbihan

Clarisse et Erwan. La cour attendue à Brest

9 avril 2008

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Avant que ne débutent les plaidoiries dans le procès en appel des meurtres de Clarisse et Erwan, la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine se rendra cet après-midi sur les lieux du crime, à Brest. Rien n'y fait. Ni les indices, ni les questions embarrassantes, pas même les rapports d'experts. Le front constitué par Stéphane Planchet et Gérôme B. tient bon. Saïd Abdellaoui serait le seul responsable des meurtres de Clarisse et Erwan. Mais c'est une tout autre distribution des rôles qu'a esquissée, hier, l'expert psychiatre. En brossant le profil des accusés, rencontrés en 2003, il a livré un tableau bien plus proche du récit fait par Saïd Abdellaoui...

Pas des « suiveurs »

Pour le Dr Cozic, il est possible que ce dernier, qu'il décrit comme agressif et incapable de contenir ses pulsions, ait participé à « une escalade de la violence qu'il n'a pas maîtrisée ». En revanche, Stéphane Planchet et Gérôme B. ne sont, eux, pas des « suiveurs ». Stéphane Planchet n'est « pas cliniquement dans la position de celui qui se laisse menacer ». L'expert note chez lui une grande maîtrise des émotions et une « abolition du sens moral ». Un sang-froid, voire une froideur, que l'on retrouve chez Gérôme B., alliée à « une agressivité peu commune ».

« C'était le plan d'Abdellaoui »

« C'est le rassemblement de trois personnes de ce type qui a pu favoriser l'escalade dans la violence », conclut le Dr Cozic. Une sentence qui n'a pas ébranlé les certitudes de Stéphane Planchet et Gérôme B. Soumis au feu roulant des questions du président Buckel et des parties civiles, les deux hommes ont continué de s'arc-bouter sur leur version des faits. Pourquoi avoir attendu le retour du couple dans la maison, s'ils pensaient commettre un simple cambriolage ? « Je ne sais pas, c'était le plan d'Abdellaoui », répond Gérôme B. Un homme seul peut-il mettre les deux corps dans les malles ? « Quelqu'un de déterminé, oui, peut-être », rétorque le jeune homme. Il y a encore les relevés téléphoniques qui situent Gérôme B. dans la maison au moment des faits, les cartouches retrouvées dans son sac-banane, la carabine dont la crosse a été sciée alors qu'Abdellaoui ne possède pas d'outils. « Vous êtes sûr de ne pas avoir vu les véhicules des victimes plus souvent, finit par demander le président à Stéphane Planchet. Je vous rappelle que vous habitiez à 300 m de là ? » Réponse de l'accusé : « J'ai habité pendant près de dix ans à Brest et je n'ai jamais volé personne ».

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