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Brest. Coup de colère des serristes

16 mars 2008

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Mécontents des aides annoncées par le ministre de l'Agriculture, près de 70 serristes finistériens, confrontés à de fortes hausses de l'énergie, ont effectué une opération coup-de-poing à Brest vendredi soir. « Énergie trop chère ». C'est sous ce cri de ralliement que quelques dizaines de producteurs de légumes et de fleurs du Nord-Finistère ont convergé vendredi soir vers Brest. La hausse du prix du fioul (+ 75 % en un an), conjuguée à l'annonce d'une prochaine augmentation du gaz, souvent utilisé dans les serres, a chauffé à blanc les professionnels du secteur. Les mesures annoncées par le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, quelques heures plus tôt (6 millions d'euros), n'ont guère calmé les esprits, au contraire. « C'est du saupoudrage », commentait laconiquement Michel Le Gall, responsable des cultures sous serres au sein de la FDSEA.

Deux stations-service polluées

Dès leur arrivée à Brest, les manifestants ont pris la direction de la mairie. Ils y ont notamment déversé un chargement de tomates et de fumier. Les murs d'enceinte de la sous-préfecture ont également subi la colère des serristes : vers 23 h, les murs ont été maculés de lisier et du fioul a été déversé devant l'entrée, avant que les manifestants ne mettent le feu. Une voiture, heureusement dégagée à temps, a failli en faire les frais. Les manifestants n'en sont pas restés là. Une demi-heure plus tard, ils ont souillé deux stations-service du groupe Total, l'une sur la route de Penfeld, l'autre boulevard de l'Europe. Le dépôt pétrolier du port a également reçu la visite des manifestants, mais il n'y a pas eu de dégâts, contrairement au siège d'EDF-GDF à Kéraudren, en bordure de la voie express vers Morlaix, où les murs et les grilles ont également été aspergés de fioul, en début de soirée. Les manifestants avaient annoncé qu'ils allaient bloquer le site mais ils ont finalement lâché prise, après avoir eu l'assurance qu'une table ronde allait se pencher sur leur cas aujourd'hui. Ils ont annoncé aux responsables du site leur intention de ne pas payer les factures de gaz tant que le gouvernement n'aura pas pris de « mesures fortes ». En cas de nouvelles propositions insuffisantes, les serristes menacent de venir perturber les élections municipales de ce soir. Hier soir, le Parquet de Brest précisait que les dégâts n'avaient pas été évalués pour le moment. Aucune interpellation n'a, par ailleurs, été effectuée.

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