17 mai 2008
Que s'est-il passé, jeudi matin, sur le chalutier Neway où deux hommes ont été blessés à coups de hache ? Coup de folie ou altercation ? Aucune hypothèse n'est écartée par les enquêteurs.
Hier soir, les enquêteurs de la gendarmerie maritime de Brest tentaient toujours d'établir la chronologie du drame qui s'est joué à bord du chalutier Neway (Le Télégramme d'hier). Jeudi matin, à environ 30 milles nautiques au nord d'Ouessant, l'un des quatre hommes du bord, un marin d'origine portugaise, âgé d'une trentaine d'années, s'en est pris à ses collègues. Armé d'une hache de bord, il a frappé plusieurs coups et blessé le maître d'équipage et un matelot.
Deux blessés
toujours hospitalisés
Avant de prendre la fuite sur un radeau de survie, l'homme a tenté de saborder le navire en ouvrant les vannes, qui ont été refermées rapidement. Il a ensuite dérivé pendant près de quatre heures avant d'être interpellé « en douceur » par les gendarmes.
« Une personne est assez sérieusement blessée, l'autre un peu moins », a juste confié, hier, Bastien Diacono, vice-procureur de la République de Saint-Brieuc. Toujours hospitalisés à Brest, les deux hommes ont néanmoins pu être entendus par les enquêteurs.
Hier soir, le marin portugais était toujours en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie maritime. S'exprimant « très calmement », l'homme « soutient qu'il a été agressé ». Une version contredite par les victimes qui parlent d'acte gratuit. Aucune de ces deux versions n'est, officiellement, privilégiée.
Déféré aujourd'hui
à Saint-Brieuc
« La première des hypothèses, a expliqué le vice-procureur, est celle d'une altercation, dans un cadre confiné, qui tourne mal parce que quelqu'un se sent agressé et répond à des agressions. La deuxième hypothèse, c'est le "coup de folie" inexplicable, à versant psychiatrique, qui fait que l'intéressé se sent, pour une raison ou pour une autre, agressé et qu'il utilise des moyens très étonnants dans ce genre de circonstances ».
Dans le cadre de l'enquête, des dépistages de drogue et d'alcool ont également été effectués mais ils n'ont pas été communiqués. « Ça ne veut pas dire qu'il y avait quelque chose à bord. On verra après. Les constations techniques se poursuivent », a insisté Bastien Diacono.
« Sauf avis médical contraire », l'homme devrait être déféré devant le parquet de Saint-Brieuc cet après-midi.
