4 août 2008
Après un mauvais mois de juillet, les aoûtiens sont attendus comme le messie pour sauver une saison qui débute de façon maussade. La faute à un pouvoir d'achat en chute libre.
Les vacanciers n'ont pas déserté la Bretagne. Mais leur porte-monnaie n'est pas épais : « On a des touristes, mais c'est pour 48 heures, une nuitée ou deux au maximum », constate Jean-Yves Vilboux, président régional du syndicat professionnel de l'hôtellerie et de la restauration.
Les bars trinquent
À l'instar des locations de gîtes ou de maisons, qui n'ont pas fait le plein, les hôtels ont souffert en juillet. Mais, ce sont surtout les restaurants et bars qui ont trinqué : « Le repas au restaurant, le midi, passe à la trappe. Ce qui était un loisir devient fonctionnel : on vient pour se nourrir. Plus d'apéro, on passe directement au plat principal, éventuellement avec un petit vin, peut-être un dessert et, parfois, un café. Les bars, c'est pire ; il y a moins de monde aux terrasses et de plus en plus de clients à commander une consommation pour deux ».
« Il faut se battre »
Les glaciers font également grise mine, comme sur les marchés : « Il y a foule, ça fouille mais ça n'achète pas. On vient pour se promener ».
La restauration rapide, type pizza, moules-frites, s'en tire mieux. De même, les campings ont relativement résisté à la crise : « Mais pas avant le 14 juillet ; c'est devenu la basse saison. Après, il y a eu du monde mais ça dépend des établissements. La pointe du Finistère, c'est loin, les gens répugnent à faire des kilomètres. Globalement, sur la côte nord, nos collègues ont rempli de 3 à 7 % de moins que l'an passé en juillet. »
« Dans le sud, c'était correct mais il faut se battre, faire beaucoup de promo pour faire venir la clientèle », confie Mme Furic, qui exploite deux campings en pays bigouden et qui assure la présidence de Camping plus Bretagne. « Le bon côté des choses est que les gens louent des vélos et consomment plus sur le site ».
Nouveau consommateur
De fait, on assiste à un changement radical des modes de consommation. Arnaud Burel, directeur de l'Office de Tourisme de Saint-Quay-Portrieux, le confirme : « Les gens sont là mais il est clair qu'ils calculent plus. On le ressent à l'accueil ; on passe plus de temps à expliquer les tarifs, les distances. Avant, sur une semaine, les vacanciers rayonnaient de Saint-Malo à la Pointe du Raz ; prix du carburant oblige, c'est fini. D'où l'intérêt pour une station, de proposer un nombre important d'animations, si possible gratuites. On l'a bien vu : 700 enfants à la première date du festival Place aux Mômes et la foule à chaque concert gratuit ».
Les attractions
ont toujours la cote
En contrepartie, les touristes préfèrent s'offrir de grandes attractions : les 85.000 visiteurs d'Océanopolis se situent ainsi dans la bonne moyenne, la fréquentation de la Cité des Télécoms à Pleumeur-Bodou étant également satisfaisante en juillet.
Quoi qu'il en soit, les uns et les autres misent sur août, « le mois des vacances » pour faire remonter les chiffres d'affaires, « sinon ce sera zéro pointé », estime Jean-Yves Vilboux.
