26 juillet 2008
Dans une économie où le bio et le naturel sont tendance, le savon de Marseille fait son retour dans les salles de bain. Une mode qui profite aux savonneries traditionnelles.« Ce n'est pas très cher, c'est écologique, naturel et bon pour la peau des bébés », explique Nezah Elmovine, jeune mère de famille. « C'est typique, naturel, c'est la Provence », renchérit son amie, Emilie, Huet, originaire de Lorraine. Toutes les deux sont adeptes du savon de Marseille. Un produit qui, après avoir été laissé sur le carreau par l'arrivée de la machine à laver puis ringardisé par les gels douche, a de nouveau le vent en poupe.
La peur des produits chimiques
Marius-Fabre, savonnerie fondée en 1900 à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), a voit bien la différence. En 2007, elle a réalisé un chiffre d'affaires de 4,7 millions d'euros contre 4 millions en 2006, dont 40 % à l'export.
Ce retour en grâce s'explique, en partie, par l'intérêt grandissant des acheteurs, alertés par les associations de consommateurs sur les produits chimiques du type parabènes (conservateurs utilisés dans les produits de beauté). La crise de la vache folle a aussi contribué à cette renaissance, les consommateurs se détournant des savonnettes au suif (graisse animale).
Autre atout du savon de Marseille : il a su se diversifier. A côté du gros cube de 600 grammes avec lequel seuls les puristes se lavent encore, les fabricants proposent des savonnettes parfumées ou bio, des savons liquides, des shampoings, des barres de deux kilos pour décorer...
Méfiez-vous
des contrefaçons !
Dans la boutique qui jouxte l'atelier de la savonnerie Rampal, également installée à Salon, on trouve aussi des petits cubes anti-mites, des sticks pour se brosser les dents ou de grands sacs de copeaux de savon pour laver son linge en machine.
Seul hic, tous les savons estampillés savon de Marseille ne sont pas fabriqués dans le sud-est de la France. Car si les savonniers marseillais ont inventé le procédé de fabrication au Moyen-âge, l'appellation n'est pas protégée.
Alors, même si ça ne suffit pas toujours, pour tenter de contrer la concurrence chinoise et turque, la profession s'est regroupée dans une association. Elle a élaboré une charte qualité qui rappelle la recette à respecter : cuisson par saponification en discontinu au chaudron, teneur en acides gras supérieure ou égale à 63 %, teneur en soude inférieure à 0,1 %...
