5 avril 2008
Beethoven, un boîtier à ultrasons audibles uniquement par les jeunes, agit comme un répulsif. Il vise à empêcher les attroupements. Et provoque déjà un tollé.
Le nouveau Beethoven est arrivé. Il ne s'agit pas d'un disque. Mais d'un petit boîtier qui, comme la musique du célèbre compositeur, serait censé adoucir les moeurs... des jeunes. Beethoven diffuse des ultrasons très désagréables audibles seulement par les enfants et les ados qui n'ont pas encore l'ouïe fatiguée des adultes. L'appareil fait 12 cm sur 12, se fixe au mur, branché au secteur. Le micro est bien protégé d'une éventuelle dégradation.
Le but de ce dispositif ? Chasser les jeunes des zones où ils se regroupent, du genre halls d'immeuble, grâce à ces sons insupportables... Des dizaines de bailleurs et de syndics auraient déjà acheté plusieurs modèles. Beethoven, plus fort que les pétitions, les dépôts de plainte ou les rondes de police, serait pour eux l'outil idéal pour répondre à leurs problèmes.
Spray anti-SDF
Après le très polémique Malodore, le spray anti-SDF utilisé il y a huit mois par le maire d'Argenteuil avant son retrait, Beethoven fait lui aussi déjà couler beaucoup d'encre. La classe politique est quasi unanime pour condamner son utilisation. Le PS et son organisation de jeunes militants, le MJS, ont réclamé mercredi son interdiction pure et simple. Selon le PS, sous prétexte « d'empêcher les regroupements de jeunes, par exemple dans les cages d'escalier, dans la rue ou devant des commerces (...), ce type de dispositif tend à criminaliser la jeunesse, en assimilant tous les jeunes à des voyous ou des délinquants (...). L'existence d'un tel objet est en soi abjecte et choquante ».
« Un procédé inacceptable »
Des voix s'élèvent également du côté du gouvernement. Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et de la Jeunesse et son secrétaire d'Etat Bernard Laporte estiment que « l'utilisation de ce type de procédé est inacceptable d'un point de vue éthique et moral dans notre société (...). Cela pourrait conduire à penser que certaines difficultés sociales pourraient être résolues par des moyens électroniques aussi choquants ».
