2 juin 2008
Copé, Estrosi, Hortefeux, Devedjian... Ils sont plusieurs barons de l'UMP à peu à peu sortir du cercle immédiat des proches de Nicolas Sarkozy.
Espérances déçues
En 2004, Copé, candidat à la région Ile-de-France, affiche pourtant son amitié pour Sarkozy. Mais celui-ci l'ignore. Quatre ans plus tard, Copé manifeste - sur les OGM et la publicité à la télévision - sa différence. Cela lui vaut une colère présidentielle, mais aussi une ovation des députés qui, jusque-là, n'aimaient guère ce jeune loup à l'ambition présidentielle déclarée.
« Chouchoute » menacée
Le cas Copé est exemplaire. Mais on pourrait citer aussi Christian Estrosi devenu, comme maire de Nice, président de la communauté urbaine et président du conseil général des Alpes-Maritimes, le baron UMP le plus puissant de France. Sarkozy a mal récompensé son long dévouement, il l'a même insulté parce qu'il réclamait plus de démocratie à l'UMP.
De même le président a-t-il failli décourager l'ami de 30 ans, Brice Hortefeux, qui avait espéré le ministère de l'Intérieur et se vit confier l'impopulaire ministère de l'Immigration. Depuis le départ de Cécilia, Hortefeux est revenu en grâce.
Mais Patrick Devedjian, le brillant avocat du RPR, ne s'est pas résigné, lui, à voir le titre de garde des Sceaux donné à une jeune magistrate sans expérience, Rachida Dati. Jusqu'alors, la « chouchoute », celle-ci n'est-elle pas menacée ? Pour promouvoir la discrimination positive, Sarkozy ne lui a pas seulement confié des responsabilités à rendre jaloux ses vieux fidèles : il l'a emmenée partout avec lui. Mais la ministre de la Justice, déjà écartée du cercle des sept favoris conviés régulièrement au château, s'est fragilisée en provoquant un tollé à propos de l'annulation du mariage, pour cause de non-virginité, d'une jeune musulmane : « C'est une protection, a-t-elle dit, pour cette jeune femme ».
Brutus en herbe
Tout ce monde-là - une quarantaine d'élus - est invité ce soir à l'Élysée. Tous afficheront une mine souriante. Mais il y aura parmi eux au moins autant de déçus et de rancuniers que de flattés. Sans compter les avisés qui s'étonnent : « Est-ce une bonne idée, pour flatter 40 prétendus amis, d'en fâcher 330 autres ? ». Sans compter surtout deux ou trois quadras qui ont déjà décidé de « faire à Sarkozy ce qu'il a fait à Chirac ».
