7 avril 2009
Le Tanit, l'un des cinq bateaux attaqués par des pirates depuis ce week-end, appartient à des Vannetais. Cette famille bretonne naviguait avec un autre couple à destination de Zanzibar.
Un couple et son fils de trois ans ont quitté Vannes fin juillet à bord de leur voilier, le Tanit, rejoints en cours de route par un autre couple, semble-t-il breton également. Cap sur Zanzibar. Leur voyage a été interrompu samedi par des pirates somaliens qui les ont pris en otages. Le couple de Vannetais tenait un blog depuis son départ. Fin mars, il commentait son arrivée dans le golfe d'Aden, une des routes maritimes les plus fréquentées au monde où sévissent des groupes de pirates. «À partir de la nuit du 15 au 16 (mars), nous commençons à naviguer tous feux éteints. Nous sommes en plein dans la zone à risque pour le piratage, cependant rien à signaler. Le danger existe, et il s'est sans doute accru au fil de ces derniers mois, mais l'océan reste vaste. Les pirates ne doivent pas anéantir notre rêve», écrivait le couple.
Avertis par la marine
Un rêve que la Marine nationale française avait tenté de préserver en avertissant les plaisanciers des risques encourus. Selon le blog des Vannetais, le 17mars, un hélicoptère de la Marine a pris contact avec le Tanit qui ne voyageait pas en convoi, contrairement à la majorité des bateaux de plaisance, qui croisent dans cette zone. L'hélicoptère «veut que je lui explique un peu notre programme et m'informer sur la route à prendre et les dernières attaques. Pour éviter les risques il nous conseille de nous éloigner de la route des navires de commerce n'étant pas une cible privilégiée il faut essayer de ne pas être sur la route des pirates», explique le couple sur son blog le 20mars. «Nous établissons un contact très sympathique, ils nous escortent toute la journée, l'hélicoptère revient sur zone le lendemain pour voir si tout va bien...». Ce billet, posté le 20mars sur le blog, est le dernier. Depuis, pas de nouvelles de l'équipage, jusqu'à l'annonce de la prise d'otages hier par l'ONG Ecoterra International. D'après l'organisation basée au Kenya l'attaque a eu lieu «à environ 640km au large de Ras Hafun dans le nord-est de la Somalie». Une information vérifiée par le Quai d'Orsay dans la journée.
Un an après Le Ponant
L'attaque du Tanit intervient un an après l'attaque du Ponant le 4avril 2008. Les pirates avaient retenu les 30 membres d'équipage, dont 22 Français, à bord du voilier. Une semaine plus tard, l'équipage était libéré après le versement d'une rançon par l'armateur. Les forces spéciales françaises avaient lancé une opération contre les pirates, arrêtant six d'entre eux et récupérant une partie de la rançon. Hier, la cour d'appel de Paris a refusé d'annuler la procédure judiciaire à l'encontre des six Somaliens, âgés de 22 à 47 ans, auteurs présumés de cette prise d'otages. Ils estimaient illégales les poursuites à leur encontre et encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
Conséquence, ils opèrent de plus en plus loin des côtes. Texte : Cinq bateaux attaqués depuis ce week-end. Le voilier français Tanit et quatre navires, battant pavillon britannique, taïwanais, allemand et yéménite, ont été interceptés par des pirates dans le golfe d'Aden. Le porte-conteneurs allemand Hansa Stavanger, de 20.000 tonnes, et sa vingtaine de membres d'équipage, ont été capturés à environ 750 km des côtes. Le bateau taïwanais a lui été intercepté près de l'archipel des Seychelles. Ces attaques illustrent l'élargissement de la zone d'action des pirates qui s'éloignent pour éviter les patrouilles. Pas moins de 24 navires militaires, de 14 nationalités différentes, quadrillent la zone pour lutter contre la piraterie suite à la recrudescence des attaques. Les dernières prises d'otages portent à au moins 17 le nombre de bateaux entre les mains de pirates et à environ 250 le nombre d'otages. En 2008 différents groupes de pirates ont attaqué plus de 130 navires marchands au large de la Somalie. Plus 200 % par rapport à 2007.
La Cour a rejeté une demande d'annulation de cette procédure déposée par les avocats de la défense qui la jugeaient illégale, a-t-on précisé de même source. La décision est conforme aux réquisitions du parquet général qui avait estimé en mars dernier que l'engagement de forces militaires françaises en Somalie s'analyse comme un acte de gouvernement, qui ne relève pas du contrôle de l'autorité judiciaire. Les six Somaliens ont été arrêtés le 11 avril 2008 en territoire somalien par l'armée française et sont arrivés le 16 avril à Paris où ils ont été placés en garde à vue. Ils ont ensuite été présentés à un juge d'instruction qui les a mis en examen le 18 pour "arrestation et séquestration de plusieurs personnes comme otages en vue d'obtenir une rançon commise en bande organisée". Les avocats de la défense contestent notamment la légalité de la détention de ces six personnes par l'armée française, avant qu'elles soient remises aux autorités judiciaires. Ils considèrent qu'ils ont été privés de leurs droits les plus élémentaires avant d'être placés en garde à vue. En décembre dernier, le Conseil de sécurité des Nations unies a prolongé d'une année supplémentaire une mesure autorisant les pays tiers à entrer dans les eaux territoriales somaliennes, et à utiliser "tous les moyens nécessaires" pour déjouer les actes de piraterie en mer. En vertu de la résolution adoptée à l'unanimité des 15 membres du Conseil de sécurité, presque tous les pays ont le droit d'intervenir contre les pirates au large des côtes somaliennes. Six autres pirates somaliens, arrêtés en septembre 2008, ont été transférés en France et mis en examen pour avoir pris en otage et retenus deux Français sur leur voilier dans le golfe d'Aden
