6 juillet 2009
Barack Obama rencontre à partir d'aujourd'hui au Kremlin et pour la première fois les deux patrons de la Russie, Dimitri Medvedev et Vladimir Poutine. L'objectif est de redémarrer les relations après des années de méfiance.
De notre envoyé spécial à Moscou.
Barack Obama passera aujourd'hui près de sept heures avec le président russe. Mais comme le remarque Andrew Kuchins, le spécialiste de la Russie au Centre d'études internationales et stratégiques (CSIS), «Obama aurait mieux fait de consacrer plus de temps à deviser avec Vladimir Poutine» qu'il ne verra qu'une petite heure, demain matin, à l'autre «Maison Blanche», celle qui abrite les bureaux du Premier ministre russe.
Des intérêts communs
Selon Andrew Kuchins, la réalité du pouvoir se situe toujours entre les mains de Poutine. Qu'il s'agisse de lier la négociation d'un nouveau traité de désarmement nucléaire au souhait de voir les Américains abandonner leur projet d'installation d'une unité de défense anti-missile en Europe de l'Est ou de l'imposition d'un véto russe au Conseil de Sécurité des Nations Unies pour bloquer le renouvellement du mandat des observateurs du cessez-le-feu avec la Géorgie. Quant à l'aide apportée finalement par le Kremlin aux Américains pour qu'ils puissent utiliser leur espace aérien afin d'accéder plus facilement au théâtre des opérations militaires en Afghanistan, il se dit à Moscou que Vladimir Poutine y était défavorable. L'ancien maître du FSB verrait d'un mauvais oeil en fait les États-Unis réussir une percée militaire contre les talibans. C'est justement pour tenter de retourner ce genre d'opinion «digne de la guerre froide» que Barack Obama veut mettre en avant à Moscou les intérêts stratégiques communs aux deux pays: les menaces nucléaires iranienne et nord-coréenne, la guerre contre al-Qaïda, la lutte contre le réchauffement climatique.
Fédérer les espérances
C'est dans ce contexte qu'une exposition sera inaugurée, mercredi, à l'ambassade des États-Unis pour célébrer le cinquantenaire des premières importations soviétiques de biens alimentaires américains. On y voit une photo représentant Khrouchtchev et Nixon boire au goulot les premières bouteilles de Pepsi-Cola importées. Cinquante ans après, Obama s'adressera demain aux étudiants de l'Ecole de la nouvelle économie. Non pas pour dire que le capitalisme est le seul remède aux maux de la planète mais pour tenter de fédérer les espérances des opinions publiques meurtries par plus d'un demi-siècle de suspicion et de provocation.
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