18 mai 2009
Le premier ministre israélien est aujourd'hui à Washington pour sa première rencontre avec Barack Obama. Le premier a laissé de mauvais souvenirs à la Maison Blanche. Le second veut agir vite au Proche-Orient.
«Mettez-vous à la place de Netanyahou, il a devant lui le premier président américain noir, dont le deuxième prénom est Hussein et pour qui le conflit israélo-palestinien ne doit faire l'objet d'aucun manichéisme.» Aaron Miller, l'un des anciens négociateurs de l'équipe Clinton et auteur du livre «Une Terre trop promise», met ainsi en lumière le choc que représentera cette rencontre des deux hommes. En 1998, l'Israélien avait achevé de couler les accords d'Oslo lors des négociations de Wye Plantation et Bill Clinton n'avait pas supporté que Netanyahou lui fasse la leçon sur la place d'Israël au Proche-Orient.
Les bases de deux Etats dans quatre ans?
Obama, lui, s'est toujours senti familier de l'objectif de «deux Etats indépendants vivant côte à côte et en sécurité». C'est ce que croit George Mitchell, l'émissaire nommé par Obama deux jours seulement après son investiture et qui avait réussi à obtenir la paix entre catholiques et protestants en Irlande du Nord après trois ans d'une inlassable médiation. C'est ce qu'a martelé Hillary Clinton lors de son premier déplacement à Jérusalem et Ramallah une fois Netanyahou élu au poste de Premier ministre. Quant à Rahm Emanuel, le secrétaire général de la Maison Blanche, juif orthodoxe dont le père né en Palestine sous mandat britannique a combattu dans les rangs de l'Irgoun, il déclare ouvertement qu'un «accord permanent de coexistence sur la base de deux Etatsverra le jour dans les quatre anset peu importe qui sera premier ministre en Israël à ce moment-là!». Reste à trouver la méthode sans négliger deux autres questions brûlantes. Leon Panetta, le nouveau patron de la CIA, s'est rendu en Israël récemment expliquer à Netanyahou que la main tendue des Etats-Unis à l'Iran ne devait pas empêcher ou retarder le démarrage de négociations directes entre Israéliens et Palestiniens. Robert Malley, un ancien conseiller d'Obama, a gardé le contact avec le Hamas: «Aucune des causes de la guerre à Gaza n'a disparu, ni les tunnels, ni les roquettes, ni le blocus. C'est la bombe à retardement et personne ne veut en parler ouvertement».
Rendez-vous le 4 juin
Faut-il, dans ce contexte, forcer la main des Israéliens? Selon le journal israélien Haaretz, le général Jim Jones, le conseiller pour la sécurité nationale d'Obama, aurait confié récemment à un collègue européen: «Nous ne voulons pas jeter les Israéliens sous les roues d'un bus, mais nous serons bien plus énergiques vis-à-vis d'Israël que ne l'a été l'administration républicaine ces huit dernières années». Le président américain va écouter et réfléchir. Il pourrait annoncer les grandes lignes de son plan de paix, le 4juin prochain auCaire, dans son discours très attendu au peuple musulman.
