20 mai 2009
Le débat sur le travail le dimanche fait son retour à l'Assemblée nationale, dans une version a minima et une ambiance fortement apaisée au sein de la majorité UMP. Engagement de campagne de Nicolas Sarkozy, l'extension du travail dominical avait soulevé, fin 2008, un tollé de protestation de la gauche, des syndicats et des Eglises, mais aussi de députés de la majorité. En décembre, malgré un compromis arraché à l'Elysée, la fronde menée par les opposants avait conduit à une interruption de la discussion, à peine entamée, puis à son report sine die. «Il n'est pas question de généraliser le travail du dimanche», a martelé hier, le ministre du travail Brice Hortefeux. La nouvelle mouture -quatrième version- de la proposition de loi se veut d'ampleur limitée : il s'agit de légaliser les situations existantes dans quelques grandes zones commerciales comme Plan-de-Campagne (Bouches-du-Rhône). Elle étend la possibilité de dérogations aux zones frontalières (Lille) et aux zones touristiques et thermales. En revanche, pour ne pas rouvrir la polémique, la majorité a renoncé à faire passer de cinq à huit le nombre de dimanche pouvant être travaillés ailleurs. Un accord préalable entre partenaires sociaux devra être trouvé, et les jours travaillés seront payés double.
Soutien des ex-frondeurs
Signe d'apaisement à droite : cette version expurgée a reçu le soutien de 80 députés UMP et est co-signée par trois ex-frondeurs de l'hiver, François Baroin, Jean-Frédéric Poisson et Marc Le Fur. Si le PS avait prévu de livrer bataille en décembre, avec 6.000 amendements, la réforme institutionnelle et la mise en place, dès cet été, d'une durée maximale des débats l'empêchera de faire durer la bagarre. Le texte «est minimaliste, mais ne change rien au fond: c'est un choix de société, une brèche qu'on veut ouvrir», a déclaré Jean-Marc Ayrault, en écho à la CFTC, pour laquelle il s'agit d'un «cheval de Troie permettant à terme de généraliser le travail le dimanche».
