11 avril 2009 - 1 réactions
Une étude porte un sacré coup à l'image du «nouveau père». L'idéal du partage des tâches, en particulier dans le domaine de l'éducation des enfants, ne se concrétise pas dans les faits.
Que ce soit pour habiller leurs enfants ou pour les aider à faire les devoirs, les pères se montrent beaucoup moins présents que les mères. «Le bilan est sans appel: les pères sont moins actifs que les mères», assènent les auteurs d'une étude publiée par la caisse d'Allocations familiales (Caf). Malgré «l'évolution des mentalités et des comportements (qui) ont contribué à faire émerger l'image d'un nouveau père plus impliqué dans la relation avec ses enfants (...), l'idéal du partage égalitaire ne se concrétise pas dans les faits», poursuivent Carole Brugeilles et Pascal Sebille, de l'Université Paris-Ouest-Nanterre. Toujours inférieure à celle des femmes, la participation des hommes est néanmoins variable selon la tâche à accomplir. Le «coucher» et les «loisirs» de l'enfant sont ainsi des activités plus «mixtes», tandis que lire une histoire à sa progéniture ou l'emmener jouer au foot suscite plus l'implication du papa.
Quelques progrès
Les femmes, elles, s'investissent plus dans la prise en charge des tâches quotidiennes. Elles «prennent en charge les enfants tôt le matin et le soir, quand les hommes ne sont pas là», abonde la sociologue Dominique Méda. Une charge, qui, selon elle, limite leur investissement professionnel et joue sur leur emploi. «Je pense tout de même qu'on a un peu progressé», nuance-t-elle toutefois. «Si on veut sauter le pas, il faut des mesures publiques, améliorer les modes de garde de la petite enfance et surtout, une réforme du congé parental qui prévoirait un congé parental partagé entre père et mère», préconise-t-elle.
L'effet de génération
Autre conclusion de cette étude: le niveau d'implication des pères varie également selon l'âge, le sexe des enfants ou le milieu socioculturel de la famille. L'étude note ainsi un «effet de génération», les plus jeunes papas (moins de 35 ans) s'impliquant davantage dans l'éducation des enfants. Le sexe des petits est lui aussi important: les pères sont plus prompts à s'occuper de leur garçon. Mais plus l'enfant grandit, moins le père s'implique. Par ailleurs, plus le niveau d'études est élevé, plus le père est présent pour ses enfants. De même, plus les femmes travaillent et contribuent aux finances de la famille, plus la répartition des tâches est équilibrée. Pour Maya Surduts, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes, «la place des femmes dans le monde du travail est toujours déterminée par la double-journée». Et la situation ne devrait pas aller en s'arrangeant, selon la féministe. Pour en savoir plus: www.caf.fr: cliquer sur la rubrique Medias, puis publications, et politiques sociales et familiales
