6 février 2009
La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) disparaît quarante ans après sa fondation, pour se fondre aujourd'hui dans le Nouveau parti anticapitaliste (NPA).
Après 40 ans de bons et loyaux services, la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) se saborde, pour mieux renaître en Nouveau parti anticapitaliste (NPA) avec l'espoir de remodeler le paysage politique à l'extrême gauche. Le congrès de fondation du NPA, qui revendique environ 9.000 militants - contre 3.200 à la LCR - s'ouvre aujourd'hui à la Plaine-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), juste après la dissolution de la Ligue, adoptée, hier soir, par 87,1% des quelque 150 délégués présents.
«On continue le combat»
«Nous avons déjà été dissous deux fois par le gouvernement (en1969 et1973, ndlr), cette fois-ci, c'est nous», s'est amusé hier Alain Krivine, un des fondateurs de la Ligue. «On ne se dissout pas en tant que tel, on continue le combat révolutionnaire avec un outil beaucoup plus adapté que la LCR», a souligné l'ancien candidat à la présidentielle. L'idée est de «prendre le meilleur des traditions du mouvement ouvrier, qu'elles soient trotskistes, socialistes, communistes, libertaires, guévaristes» ou issues de l'écologie radicale, a renchéri Olivier Besancenot, facteur de Neuilly, âgé de 34 ans. Fondée en avril1969, la Ligue communiste, devenue LCR fin 1974, a marqué la gauche et a notamment formé des dizaines d'hommes et de femmes politiques. Ainsi, «aujourd'hui, aucune tendance du Parti socialiste ne nous échappe», assure Alain Krivine citant parmi les «anciens» de la LCR au PS: Henri Weber, Julien Dray, François Rebsamen, Pierre Moscovici, Sophie Bouchet-Petersen ou David Assouline.
Le PCF renouvelle son appel
Dans les allées du congrès, la nostalgie n'a pas l'air d'avoir gagné les militants. Mais ils sont quelques-uns à ne pas voir d'un bon oeil cette dissolution «en quelques heures». Christian Picquet, minoritaire dans le parti, a regretté un «débat bâclé, expédié à la sauvette». Ce partisan d'un «front de gauche» avec le Parti communiste français et le Parti de Gauche pour les européennes de juin prône une «dynamique unitaire puissante à gauche du PS». Hier, le PCF a d'ailleurs renouvelé son appel au NPA pour «un front commun de gauche». «Nous avons beaucoup de commun entre nous, nous avons aussi des débats et nous avons des différences», a constaté le Parti communiste.
Officiellement, la concurrence du Nouveau parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot n'inquiète pas la direction du Parti socialiste, mais les prochaines élections européennes devraient tendre les relations entre les deux formations. Quand on leur demande leur réaction à la fondation du NPA, les dirigeants socialistes font tous la même réponse: le travail entamé depuis deux mois par Martine Aubry est de nature à empêcher le rêve de Nicolas Sarkozy et de l'UMP, à savoir l'émergence d'un concurrent à «la gauche de la gauche» qui ferait battre le candidat socialiste à la présidentielle de 2012. La naissance du NPA «n'aura pas de conséquences si le PS est le PS», estime Claude Bartolone, chargé des relations extérieures. «Il n'y a pas de peur à avoir», juge de son côté Bruno Le Roux, ancien «M.Elections» du PS. Avec sa ligne de «l'ancrage à gauche», et son refus de toute alliance avec le centre dans les scrutins nationaux, la nouvelle direction du PS s'est positionnée plus à gauche que la précédente. L'aile gauche conduite par Benoît Hamon, aujourd'hui porte-parole, est largement représentée au secrétariat national. Le PS fait aussi son retour dans le mouvement social. Mardi soir, les socialistes ont signé une déclaration commune avec 10 autres partis de gauche, dont le NPA. Ce texte appelle Nicolas Sarkozy à «un changement de cap, notamment sur les questions des salaires, de l'emploi, des services publics».
