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Infanticides. Huit ans de prison à Véronique Courjault [Video]

19 juin 2009

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Véronique Courjault, jugée pour trois infanticides de nouveau-nés, deux commis à Séoul et un en France, a été condamnée, hier, à huit ans de prison.

A l'issue d'un procès qui avait vu les experts s'opposer sur la notion du déni de grossesse, la cour d'assises d'Indre-et-Loire a condamné, hier soir, Véronique Courjault, accusée de trois infanticides, à huit ans d'emprisonnement. Le ministère public avait demandé, mercredi, dix ans d'emprisonnement, alors qu'elle encourait la réclusion criminelle à perpétuité. Le procureur Philippe Varin avait lancé aux jurés: «Ne la diabolisez pas, mais n'en faites pas non plus une icône».

«J'ai tué mes enfants»

Véronique Courjault pourrait sortir de prison assez vite. Une des avocates de l'accusée, MeHélène Delhommais, a déclaré: «Noël, c'est trop tôt, (elle fera) au moins un an de détention». Détenue depuis octobre2006, Mme Courjault, 41 ans, était jugée depuis le 9juin pour «assassinats». Elle avait d'abord avoué les infanticides de deux bébés nés en septembre2002 et décembre2003 alors qu'elle et son mari Jean-Louis vivaient à Séoul, ce dernier retrouvant leurs corps dans le congélateur familial. La mère avait ensuite reconnu avoir tué un nouveau-né mis au monde clandestinement à l'été 1999 à Villeneuve-la-Comtesse (Charente-Maritime), avant d'incinérer son corps. «J'ai tué mes enfants», avait-elle reconnu en larmes, mercredi, tout en expliquant ne pas avoir eu conscience d'être enceinte de bébés à l'époque. «J'ai eu conscience d'être enceinte, mais pas enceinte de bébés», a-t-elle dit, admettant que cela pouvait paraître «absurde», mais «c'est pourtant la vérité». Tout au long du procès, elle a reçu le soutien sans faille de sa famille.

«De la joie à la maison»

Hier soir, son époux s'est félicité de ce verdict relativement clément. «Cette peine va nous permettre de nous reconstruire, d'entrevoir le bout du tunnel. Je viens de l'annoncer à mes enfants», Jules et Nicolas, et «je peux vous assurer qu'il y a de la joie à la maison», a-t-il dit. «Dans quelque temps, quelques mois, Véronique pourra retrouver ses enfants et ce sera le début du renouveau», a poursuivi Jean-Louis Courjault, qui avait été mis en examen pour «complicité d'assassinats», avant de bénéficier d'un non-lieu. Le procès de Tours avait été le théâtre d'une bataille d'experts sur la notion du «déni de grossesse». Certains défendant cette thèse, d'autres préférant parler de «mensonge de grossesse».

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