29 avril 2009 - 1 réactions
C'était l'événement d'hier: les «mandarins», ces grands professeurs, pontes de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, battaient le pavé avec les personnels soignants ou non de l'hôpital pour dire leur refus de la réforme Bachelot. Une démarche «historique», selon le psychiatre Bernard Granger, initiateur du mouvement de défense de l'hôpital public. Seulement voilà: derrière l'unité de façade, les revendications sont bien différentes.
Hôpital public clientèle privée
Comme l'écrivait récemment sur son blog le médecin et chroniqueur Martin Winckler, «les hospitalo-universitaires les plus influents n'ont pas intérêt à ce que les choses changent». Et avant tout, ils n'ont aucune envie que les directeurs, dont les pouvoirs pourraient être renforcés par la réforme, interviennent dans leur pré carré: le traitement, tout en exerçant dans un établissement privé, d'une lucrative clientèle privée. François Chérèque, leader de la CFDT qui n'appelait pas à défiler hier, ne dit pas autre chose: «Aujourd'hui, les médecins se battent surtout pour leur activité libérale, or je ne suis pas sûr qu'en défendant le pouvoir des médecins on défende l'hôpital». «L'Appel des 25», une tribune d'autant de pontes publiée le 16avril dans Le Nouvel Observateur, n'a d'ailleurs pas rencontré le succès escompté. À juste titre, estime le journaliste François Malye, coauteur du «Livre noir des hôpitaux»: «A chaque réforme, le gratin du gratin, les plus influents auprès des politiques, se met en travers. (...) Une fois de plus, l'hôpital va être victime de corporatistes.»
