2 juillet 2009 - 3 réactions
Patron des sports à France Télévisions, Daniel Bilalian fait le point sur un été particulièrement chargé pour la télévision de service public. Un été qui commence avec le Tour de France (Carte à télécharger).
Après Roland-Garros, après le Tournoi des VI Nations, France Télévisions couvrira cet été le Tour de France, les mondiaux de natation et d'athlétisme. La télévision publique est-elle aujourd'hui la première chaîne de sports en France?
Sur le plan du nombre d'heures de diffusion, elle l'est déjà depuis un paquet d'années. Nous diffusons environ mille heures de sport chaque année, avec la 2, la 3, et désormais la 4 qui, à elle seule, assure trois cents heures de sport par an. France Télévisions, parce qu'elle est une chaîne de service public, se doit de diffuser non seulement les sports les plus populaires et les plus médiatiques, mais aussi les sports dits olympiques qui, sans nous, n'auraient pas accès gratuitement au grand public.
Quels moyens allez-vous déployer cette année pour couvrir le Tour de France?
Nous mobilisons une équipe de près de 300 personnes. C'est une affaire qui coûte près de cinq millions d'euros.
Tout cela est cher, mais cela ne rapporte-t-il pas par ailleurs à France Télévisions, dans la mesure où le Tour est diffusé dans des tranches horaires où vous avez encore le droit à la publicité?
Ce n'est certes pas un investissement à fond perdu. Mais, en matière de sport, dans le meilleur des cas, personne ne se rembourse au-delà de la moitié des sommes investies.
Comment les journalistes de France Télévisions vont-ils traiter de la question du dopage sans nuire à un spectacle dont vous êtes co-organisateur?
Nous n'avons jamais eu de problème. Nous ne sommes pas des va-t-en guerre, mais chaque fois que le problème s'est posé, nous en avons toujours parlé. Et cette fois-ci encore, j'ai donné consigne à mes gars de traiter la question si elle se pose. Je ne dis pas que cela nous enthousiasme, mais ce n'est pas parce que vous êtes propriétaire d'un événement de cette importance que vous devez nier les problèmes. Nous sommes au demeurant aidés en cela par un organisateur, ASO (NDLR: le Groupe Amaury, L'Équipe, le Parisien-Aujourd'hui en France), qui, de son côté, ne cache pas les problèmes. C'est pour cela que nous sommes toujours partenaires du Tour. Nous travaillons avec ASO en confiance totale dans sa volonté de nettoyer sa compétition. Ils savent qu'un sport frelaté serait appelé à disparaître. Pour un organisateur, à moins qu'il soit un gangster, plus son sport est net, plus il va enthousiasmer les spectateurs et les téléspectateurs.
La réforme de l'audiovisuel public est mise en oeuvre depuis quelques mois. Quel bilan en tirez-vous?
Nous sommes, pour l'heure, en phase de restructuration. Il nous faut passer d'un groupe où les sociétés étaient rangées les unes à côté des autres à un groupe structuré et unifié. Pour ce qui concerne le sport, cela ne change rien pour nous, parce que notre façon de fonctionner était déjà celle-là depuis plusieurs années. Les compétitions sont achetées au nom du groupe France Télévisions, avec un système de bascule d'une chaîne à l'autre en ce qui concerne la diffusion. Il n'y a qu'un seul directeur des sports pour la 2, la 3 et désormais la 4.
