8 avril 2009
L'économiste Michel Camdessus donnait hier à Saint-Brieuc une conférence sur les causes de la crise mondiale. Pour l'ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI), la crise financière est aussi une crise éthique.
Quel regard portez-vous sur la crise financière mondiale?
«On savait très bien que si on ne changeait pas les règles du système financier, si on ne changeait pas les pouvoirs donnés aux Fonds monétaire international pour prévenir ce risque, une crise était au coin de la rue. Il s'agit aussi d'une crise éthique: on s'est abandonné à l'avidité et au gain maximum sans se soucier des plus pauvres et de la défense de l'environnement. Cette dépression éthique nous a amenés à la catastrophe.»
Cette crise a-t-elle modifié vos convictions libérales?
«Non, pas du tout. Certes, je suis un convaincu du libéralisme et de l'économie de marché mais j'ai toujours dit que la main invisible du marché ne peut fonctionner que si on y ajoute deux autres mains: la main de la solidarité et celle de l'État, qui est la main de la régulation. Le grand problème de la crise d'aujourd'hui, c'est qu'on a abandonné l'économie financière à la main invisible du marché en décidant d'ignorer les éléments éthiques de base qui sont pourtant essentiels au fonctionnement de l'économie de marché. Il s'agit donc aujourd'hui de rétablir ces fondements éthiques de partage et de sens du bien commun.»
Face à la crise, la réaction de Nicolas Sarkozy a-t-elle été la bonne?
«Il a eu le bon réflexe de réunir le G 20 et a su reconnaître qu'il fallait associer aux décisions les pays émergents. C'est une chose positive: le G 20 a pu apporter une réponse forte et coordonnée. En tant que président de l'Union européenne, il a aussi fait un gros travail pour que les pays d'Europe aient une réaction commune. On ne sort pas seul d'une telle crise.»
Lannion. Carré Magique. Quel mode d'épargne en temps de crise ?