18 avril 2009
Depuis le 1erjanvier, la loi autorise deux semaines de soldes «libres» dans l'année. Chaque commerçant en use à sa guise, ce qui provoque un certain flottement.
Les soldes d'été auront lieu du 24juin au 28juillet et ils dureront, comme les soldes d'hiver, cinq semaines au lieu de six. En attendant, et c'est une nouveauté de la loi de modernisation de l'économie (LME) pour relancer la consommation, chaque commerçant peut organiser à une date à sa convenance une ou deux semaines de promo supplémentaires, à condition que cette période s'achève au moins un mois avant les soldes nationaux. Dans un contexte économique morose où la clientèle est très à l'affût des bons plans, l'occasion était belle cette année pour inaugurer la formule en se lançant dans une course aux rabais.
Un grand bazar
Les grandes enseignes nationales à commencer par Kiabi, spécialiste de la mode à petit prix, se sont engouffrées dans la brèche suivies des sites en ligne et de la grande distribution, tout cela en ordre dispersé. Le chausseur Eram a programmé son opération du 25 au 31mars. «Nos soldes ne portaient que sur des anciennes séries mais ça a boosté les ventes», reconnaît Lionel Pineau, responsable du magasin Eram de Lorient. En dehors des grands magasins et des enseignes franchisées, le fait est que ce nouvel espace de liberté promotionnel est perçu avec beaucoup de méfiance par les petits commerçants indépendants. Beaucoup, ne s'estimant pas concernés par la nouvelle possibilité offerte, attendront les soldes officiels pour rogner sur leurs marges. «Entre les promotions, les anniversaires, les liquidations les soldes privés et maintenant les soldes flottants, tout le monde solde ce qu'il peut. Cela apporte de la confusion à ce qui était déjà un grand bazar», estime Patrick Kerleroux, président des vitrines de Quimper.
Objectif septembre
«C'est du n'importe quoi! Je me demande comment font les clients pour s'y retrouver», s'exclame, de son côté, Frédérique Kervella qui dirige le magasin pour hommes Jacques Germain, à Vannes. La commerçante morbihannaise n'a pas l'intention d'organiser des soldes flottants ce printemps. «Les soldes officiels approchent et sont suffisamment tôt cette année. Et puis solder quoi? J'ai ma collection qui vient juste de rentrer. J'ai reçu les derniers colis la semaine dernière. On verra éventuellement en septembre pour écouler les stocks d'été.»
Commerçants pas égaux
La nouvelle réglementation, c'est sûr, accentue le clivage entre les commerçants indépendants et les grandes enseignes ou les franchises aidées par une puissance marketing et une force de frappe incomparables. Ces dernières ont les moyens de se payer de grosses campagnes de publicités pour attirer du monde lorsqu'elles font des soldes et ont de la marchandise à revendre. «On ne fait pas vraiment le même métier. Les chaînes sont livrées toutes les semaines, nous, c'est deux fois par an. Elles font leurs marges sur du volume. Pour nous, les soldes ce n'est pas une fin en soi. Malheureusement le consommateur ne le comprend pas toujours», note Catherine Laurent-Christien qui tient les vêtements Cariou, rue Kéréon, à Quimper. Pour s'aligner, les commerçants ont bien compris qu'ils devront s'organiser et s'entendre sur des dates communes pour attirer les consommateurs au niveau d'une ville, d'un quartier ou d'un centre commercial. C'est l'avis d'Alain Le Brusc, président de Lorient cap Commerce, et de Brigitte Cadoret, présidente de la fédération du commerce de Vannes-centre ville. Mais ils en sont bien conscients, ce sera un vrai casse-tête. La fédération vannetaise annonce qu'elle va s'atteler à la tâche pour les soldes d'automne.
«Cette année, nos soldes ne portaient que sur des anciennes séries, mais ça a boosté les ventes.»