Jean Gaubert. « Etre moderne est-ce casser les repères ? »
Jean Gaubert, député PS des Côtes-d'Armor, fait partie du collectif de parlementaires qui s'opposent à la disparition du numéro du département.
Ce combat mérite-t-il vraiment d'être mené ? N'est-il pas un peu d'arrière-garde ?
Mais, faut-il, pour être moderne, casser tous les repères de nos concitoyens ? C'est là le fond de la question. Il n'est pas scandaleux que les gens puissent s'identifier à leur territoire. Quand je circule, je suis content de voir un 68 car je sais que ce sont des Alsaciens. Cela dit, je ne descendrai pas dans la rue pour cela. J'ai autre chose à faire.
Pourquoi, à votre avis, le gouvernement a-t-il lancé cette réforme ?
On est quand même dans un pays extraordinaire. Quand on ne peut pas régler les gros problèmes, on se met à régler des problèmes qui n'en sont pas. Franchement, le gouvernement a mieux à faire. Et que l'on ne nous parle pas d'harmonisation européenne. Il ne faut pas mettre ça sur le dos de l'Europe. Tous les pays ne vont pas faire la même chose.
Si vous êtes contre cette réforme, n'est-ce pas aussi parce qu'elle pourrait symboliser la suppression des départements que d'aucuns souhaitent ?
Peut-être bien que quelqu'un a pensé à cela mais je n'y crois pas. Les départements, c'est un tout autre débat. Là, on est vraiment dans le gadget. Le seul élément est que la voiture sera immatriculée définitivement mais chacun sait que l'on peut changer les plaques comme on veut. Ce ne sont pas de bons arguments.