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Economie

Quotas de pêche. Barnier décroche un compromis

20 décembre 2007

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Le Conseil pêche de fin d'année n'aura pas failli à sa réputation de négociation particulièrement ardue. C'est hier matin, à 6 h que les ministres des Vingt-Sept, après 18 heures de négociations techniques et politiques ininterrompues, ont scellé leur accord sur les captures de poisson autorisées pour 2008.

De notre correspondant à Bruxelles. Comme chaque année également, les propositions de la Commission, fondées sur des avis scientifiques eux-mêmes contestées par les professionnels, ont été assouplies. Les marins bretons qui s'inquiétaient particulièrement de la baisse des captures de cabillaud en Mer celtique ont obtenu en partie gain de cause.

Diminution de 9 %

La diminution ne sera que de 9 % au lieu des 25 % proposés. Le total autorisé de capture (TAC) chute ainsi à 3.000 tonnes. La limitation, nouvelle, de la pêche de requin-taupe inquiétait également Paris qui a, là encore, réussi à l'assouplir. « La France a obtenu une quantité raisonnable du quota », note le ministère. Quant à l'aiguillat, le taux de capture diminue du quart mais, assure le ministère de l'Agriculture, « avec une clé de répartition favorable à la France ». Le niveau de pêche des espèces d'eau profonde est maintenu, en dépit d'une demande de baisse du tiers par la Commission. Bruxelles a également abandonné son projet de fermer certaines zones de pêche de la lingue bleue, ce qui aurait cloué au port certains navires hauturiers du Nord Bretagne. La capture de sole autorisée augmente légèrement (8 %), tandis que celle de la baudroie est reconduite. La pêche à l'anchois, enfin, reste fermée jusqu'à l'été et les résultats de prochaines études scientifiques. Le conseil de cette année a été l'occasion d'une nouvelle démonstration de force des ONG défenseurs des ressources marines, mais aussi de leurs différences de stratégie. Fidèle à sa tradition, Greenpeace avait créé l'événement en murant symboliquement le bâtiment dans lequel devaient se réunir les ministres. Oceana, coalition de plusieurs organisations nationales, a joué la carte de la Commission en se réjouissant des mesures concernant le requin. WWF, qui appelait encore récemment à ne plus consommer de cabillaud, « le bébé phoque » de la pêche regrettait un pêcheur hier à Bruxelles, joue, dans les ports, la carte du dialogue avec les professionnels.

Confrontation des études

Il est vrai que l'écart entre les avis scientifiques et les décisions prises chaque année persiste. Hier, Michel Barnier en appelait « à une meilleure confrontation des études scientifiques dont nous avons besoin et des observations que font quotidiennement les marins pêcheurs ». Il plaidait aussi pour une gestion des pêches davantage pluriannuelle.

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