14 mai 2009
Invités hier à Vannes par la FDSEA et les JA, les opérateurs laitiers du Morbihan ont annoncé des prix du lait en très forte baisse pour le mois d'avril, autour de 210 euros par mille litres.
De 203 à 217euros par mille mitres: la réunion organisée par les responsables lait de la FDSEA et des Ja du Morbihan hier à Vannes a failli tourner court lorsque les industriels laitiers ont tour à tour dévoilé leur prix du lait pour le mois d'avril. Malgré la volonté de dialogue affichée par les uns et les autres, le ton a sérieusement monté. «203,07 en avril; 205,07 en mai et 206,59 en juin, c'est tout ce que la valorisation de nos marchés permettra», explique Patrick Wexsteen d'Entremont Alliance. «Trois mois comme ça et je dépose le bilan. C'est de l'esclavagisme!», rétorque un éleveur. «Cela nous donne un prix moyen d'environ 260euros en 2009, quand il nous faut 320euros pour équilibrer, sans aucune rémunération de notre travail: on atteint-là des prix intenables, jamais vus.» Franck Guéhennec, président de la section laitière et secrétaire général de la FRSEAO interroge alors les industriels: «Quelles perspectives offrez-vous aux producteurs pour la suite? Parce qu'à ce rythme, on va vers des drames sociaux et de la violence dans les campagnes.»
Gestion collective
Pour avril, Lactalis annonce 212,57euros, Cleps-Bongrain, 203, Coopagri 215 tandis qu'Even fixe son prix aujourd'hui... Tous les opérateurs accusent le démantèlement des outils de marché, la pression grandissante de la distribution qui ne répercute pas pour autant les baisses de prix aux consommateurs, et, toujours, l'équilibre défavorable entre produits de consommation (PGC) et produits industriels (beurre-poudre), avec des stocks pesants. Pour sortir du marasme, seule une gestion collective de l'offre au plan national, après celle des excédents, est envisageable, selon les producteurs. Ils travaillent activement à un tel projet. «Et ça avance: on le partage désormais avec la FRSEAO, des coopératives et des industriels.» (Pas Lactalis qui, lors de la réunion, a répété qu'il voulait garder «une approche individuelle» avec les producteurs). Il faudra créer des organisations de producteurs et les regrouper. Demain, les producteurs de lait auront dix minutes pour convaincre François Fillon, lors de sa visite à Locminé, de leur donner, très vite, les outils réglementaires et législatifs nécessaires.
Entreprises présentes: Entremont-Alliance; Lactalis, Coralis, Eurial, Cleps-Bongrain, Coopagri
La Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) organisera mardi prochain une journée d'actions pour protester contre les pouvoirs publics qu'elle rend responsable de la crise que connaît le secteur avec la chute des prix du lait. Des actions vont être menées en régions et dans les départements devant les préfectures. A l'origine de la colère des producteurs, le prix du lait qui va baisser d'environ 30% pour le mois d'avril, selon les calculs du syndicat, émanation de la FNSEA, principale organisation syndicale française. Les agriculteurs devraient toucher un prix avoisinant les 210euros pour 1.000 litres contre 305euros au début de l'année (lire ci-dessus), «un niveau jamais atteint par le passé, y compris en 2006, année où le prix du lait a atteint un seuil historiquement bas», selon la FNPL.
